David Lisnard, candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2027, a tenu son premier meeting de campagne à Saint-Raphaël devant près de 1 500 personnes, selon les organisateurs. Dans un discours offensif, l'édile de Cannes a choisi de cibler ce qu'il présente comme une « caste » parisienne, qu'il accuse de confondre sa propre survie avec celle du pays.

Sans les nommer directement, le maire de Cannes a visé les candidats issus du camp macroniste, Gabriel Attal et Édouard Philippe, tous deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron. Il a notamment interrogé ses partisans sur la pertinence de reconduire « ceux qui ont gouverné et échoué », dénonçant un système verrouillé par une élite qui fréquente « les mêmes cercles, les mêmes lieux de pouvoir ». Pour David Lisnard, cette « caste » est « prête à toutes les compromissions » pour se maintenir au pouvoir.

Le candidat a également glissé une pique en direction de l'un de ses propres camps, sans le citer explicitement. Il a évoqué une « élite qui s'affole » et qui serait prête à toutes les alliances de circonstance, aux reniements et aux compromissions morales. Cette attaque semble viser Laurent Wauquiez, membre des Républicains, qui a récemment laissé entendre qu'il soutiendrait le candidat d'Horizons, Édouard Philippe.

Un positionnement contre l’establishment

Ce meeting marque un tournant dans la campagne de David Lisnard, qui cherche à se distinguer aussi bien des figures de la majorité sortante que de la droite traditionnelle. Alors que Bruno Retailleau a déjà été investi par Les Républicains comme candidat à la présidentielle, le maire de Cannes tente d'incarner une rupture avec les pratiques politiques parisiennes.

David Lisnard a promis de faire de la « débureaucratisation et de la dérégulation la grande cause du prochain quinquennat », s'inscrivant dans une ligne libérale et décentralisatrice. Il entend ainsi capitaliser sur son expérience à la tête de l'Association des maires de France (AMF) pour proposer une alternative à ce qu'il décrit comme un système « périmé ».

Une stratégie de la rupture

En attaquant frontalement les figures du camp macroniste, David Lisnard espère attirer les électeurs déçus par le bilan d'Emmanuel Macron, tout en se démarquant de la droite modérée représentée par Édouard Philippe ou Laurent Wauquiez. Le candidat mise sur un discours de dénonciation des élites et de recentralisation du pouvoir pour séduire un électorat en quête de renouveau.

Son meeting varois, organisé loin des cercles parisiens, symbolise cette volonté de rompre avec les codes de la vie politique traditionnelle. Reste à savoir si cette stratégie parviendra à convaincre au-delà de ses soutiens immédiats, alors que la campagne présidentielle entre dans une phase active.