Le coût du droit d’asile en France a atteint un montant proche de deux milliards d’euros en 2025. C’est ce qui ressort d’une note de travail réalisée pour la commission des finances du Sénat par la sénatrice Les Républicains du Val-de-Marne, Marie-Carole Ciuntu. Cette estimation, présentée comme un minima, ne prend pas en compte certaines charges indirectes comme les frais médicaux, l’aide sociale ou la scolarisation des enfants des demandeurs.
Plus de 1,1 milliard pour l’accueil et l’hébergement
L’essentiel de la facture provient des dispositifs d’accueil et d’hébergement. Centres spécialisés, structures d’urgence, allocations et accompagnement social représentent à eux seuls plus de 1,1 milliard d’euros. À cette somme s’ajoutent les dépenses d’intégration des réfugiés, les coûts de fonctionnement des préfectures et le budget de la Cour nationale du droit d’asile. Au total, la commission des finances chiffre la dépense à 1,85 milliard d’euros pour l’année 2025.
Marie-Carole Ciuntu a alerté, jeudi 9 juillet sur CNEWS, sur le fait que « le droit d’asile est devenu une voie d’immigration comme une autre », supplantant en volume l’immigration économique. Elle entend ainsi « déconstruire le mythe » d’une France peu attractive en matière d’asile.
Des demandes en forte hausse
Les chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) confirment cette tendance. Le nombre de demandes est passé d’environ 80.000 en 2015 à près de 145.000 en 2025, après un pic à 154.000 en 2024. La France représentait alors environ 17 % des premières demandes déposées dans l’Union européenne, se classant au troisième rang des pays d’accueil, derrière l’Espagne et l’Italie.
Les délais d’instruction, bien qu’en baisse, restent élevés. Le traitement moyen d’un dossier par l’Ofpra est passé de 216 jours en 2015 à 163 jours en 2025, mais demeure au-dessus de l’objectif de 120 jours fixé par les autorités.
Un taux d’éloignement jugé « infinitésimal »
L’élue pointe surtout une « absence totale de suivi » des demandeurs d’asile déboutés. Entre 2019 et 2025, le nombre d’éloignements effectifs après une obligation de quitter le territoire français (OQTF) n’a pas dépassé 3.000 par an, soit un taux moyen de 5,5 %, qualifié d’« infinitésimal » par la sénatrice.
Des propositions pour corriger les « dérives »
Pour répondre à ce qu’elle estime être des dérives, Marie-Carole Ciuntu formule plusieurs pistes. Elle propose d’orienter les nouveaux demandeurs ukrainiens vers le régime de protection temporaire, d’accélérer les procédures et d’instaurer un suivi réel des déboutés et des OQTF. Elle souhaite également réduire la durée des titres de séjour : quatre ans pour les réfugiés et deux ans pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire, contre respectivement dix et quatre ans actuellement.