Le président français Emmanuel Macron effectuera une visite officielle en Syrie les 6 et 7 juillet, a annoncé la présidence syrienne ce dimanche 5 juillet. Il s'agit du premier déplacement d'un chef d'État occidental dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir des nouvelles autorités, dirigées par Ahmad al-Chareh, fin 2024.

Cette annonce intervient alors que les dernières visites d'un président français en Syrie remontent à Nicolas Sarkozy en 2008 et 2009, avant la rupture diplomatique consécutive à la répression du printemps arabe par le régime de Bachar al-Assad en 2011. La venue de M. Macron à Damas marque ainsi une étape significative dans la normalisation des relations entre la France et la Syrie post-Assad.

Une délégation d'investisseurs pour renforcer la coopération économique

Selon les informations communiquées par la présidence syrienne, le chef de l'État français sera accompagné d'une délégation comprenant des investisseurs et des représentants de compagnies françaises. L'objectif affiché est de "renforcer la coopération économique" entre les deux pays. Ce volet économique est jugé prioritaire par Paris, qui cherche à soutenir la reconstruction syrienne tout en permettant aux entreprises françaises de se positionner sur ce marché.

Un agenda diplomatique chargé

Au-delà des enjeux économiques, plusieurs dossiers sensibles devraient être abordés lors de cette visite. La lutte contre le groupe jihadiste État islamique figure en tête des priorités, d'autant que Damas y participe désormais activement. La question des derniers jihadistes français présents sur le territoire syrien sera également au centre des discussions.

Par ailleurs, Paris et Washington entretiennent des divergences notables sur le rôle que pourrait jouer la Syrie au Liban. Le président américain Donald Trump a exprimé à plusieurs reprises son souhait de voir Damas s'impliquer dans le pays voisin pour contrer le Hezbollah pro-iranien, une position que la France ne partage pas.

Premier dirigeant occidental à se rendre à Damas

Emmanuel Macron est le premier dirigeant d'un pays de l'Union européenne et le premier chef d'État d'une puissance occidentale à se rendre en Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad. Il avait déjà été le premier à accueillir Ahmad al-Chareh en Occident, en mai 2025, une décision qui avait suscité des critiques à droite et à l'extrême droite en raison du passé jihadiste du dirigeant syrien.

Avant lui, l'émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, s'était rendu à Damas début 2025. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait suivi en janvier 2026, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'y était rendu en avril dernier.

Un contexte sécuritaire toujours fragile

L'annonce de cette visite intervient dans un climat de tension sécuritaire. Jeudi dernier, un attentat à la bombe a fait dix morts dans un café de Damas, rappelant les défis auxquels sont confrontées les nouvelles autorités syriennes en matière de sécurité.