La mise en place du premier Parlement syrien depuis la chute de Bachar al-Assad connaît un contretemps. La télévision d'État a annoncé dimanche, citant un responsable électoral, que la session inaugurale de l'Assemblée du peuple, initialement prévue pour le lundi suivant, était reportée à une date ultérieure, sans motif précisé.
Ce Parlement transitoire de 210 membres doit siéger pour un mandat de trente mois, avec pour mission principale de rédiger une nouvelle loi électorale et de préparer les conditions d'un scrutin populaire, selon le président de la commission électorale, Mohammed Taha al-Ahmad.
Un processus de sélection complexe
Après la dissolution de l'ancienne chambre d'enregistrement par les nouvelles autorités, au lendemain de la chute du régime en décembre 2024, un processus de sélection en plusieurs étapes a été engagé. En mars 2025, le président Ahmed al-Charaa a signé une Constitution temporaire, valable pour une période de transition de cinq ans.
Dès octobre 2025, des comités locaux, désignés par la commission électorale elle-même nommée par le chef de l'État, ont commencé à choisir les deux tiers des députés. Le tiers restant doit être nommé directement par le président. Cette semaine, al-Charaa a ainsi désigné 70 membres.
Des retards régionaux persistants
La province de Soueïda, à majorité druze et située dans le sud du pays, n'a toujours pas désigné ses représentants. Les autorités électorales ont indiqué que le processus s'y déroulerait lorsque les conditions seraient jugées « appropriées », après des violences confessionnelles survenues l'année dernière dans cette région.
En revanche, dans les zones nord et nord-est anciennement sous administration kurde, la sélection des membres a pu avoir lieu plus tôt dans l'année, après que les autorités de Damas ont pris le contrôle de ces territoires et conclu un accord sur l'intégration des institutions kurdes au sein de l'État.
Un report qui interroge
Ce report sans explication suscite des interrogations sur la dynamique politique en Syrie et sur la capacité des nouvelles institutions à respecter le calendrier annoncé. La communauté internationale observe avec attention cette étape clé de la transition, censée aboutir à une élection générale à l'issue du mandat de l'assemblée intérimaire.