En Corée du Sud, la fièvre de l'intelligence artificielle a transformé les travailleurs des semi-conducteurs en partis très recherchés pour le mariage. Alors que les géants de la puce, Samsung Electronics et SK Hynix, se disputent la place de premier fabricant mondial de mémoires, leurs employés figurent désormais parmi les mieux rémunérés du pays, ce qui a considérablement accru leur attractivité sur le plan matrimonial.

Les primes de performance de certains employés de l'unité de puces de Samsung pourraient atteindre 400 000 dollars cette année. Cette manne financière, combinée à des salaires déjà élevés, fait de ces travailleurs des candidats de premier ordre aux yeux des familles sud-coréennes. Un reportage récent montre que les emplois dans ces entreprises sont devenus extrêmement convoités, tout autant que leurs détenteurs en tant que conjoints potentiels.

L'essor sans précédent du secteur

Cette situation découle directement du boom mondial de l'intelligence artificielle, qui a considérablement accru la demande de puces mémoire, une spécialité de la Corée du Sud. En 2025, le pays a exporté un record de 173 milliards de dollars de semi-conducteurs. Cette année, le rythme devrait doubler ce chiffre. Samsung Electronics et SK Hynix représentent désormais plus de 40 % de la capitalisation boursière de l'indice de référence sud-coréen, qui a plus que doublé au cours de l'année écoulée.

Ce dynamise économique a déclenché une intense campagne de recrutement, qui commence dès le plus jeune âge. Le lycée professionnel de semi-conducteurs de Chungbuk, situé dans le comté d'Eumseong, est le plus ancien établissement du pays exclusivement dédié à la fabrication de composants électroniques. Dans ses laboratoires, les élèves, sous la supervision d'instructeurs comme Kang Soo Jin, apprennent les gestes fondamentaux, comme la manipulation délicate des galettes de silicium, dont la moindre erreur peut coûter des milliers de dollars.

Une filière d'excellence dès le lycée

Chaque galette de silicium vierge coûte environ 180 dollars, et une fois gravée de circuits électroniques, sa valeur peut atteindre plusieurs milliers de dollars. Les élèves sont donc formés à une précision extrême. Le lycée de Chungbuk, en formant dès l'adolescence aux métiers de la puce, alimente un pipeline direct vers les entreprises du secteur, répondant à une demande de main-d'œuvre qualifiée sans précédent.

Ce contexte de prospérité aiguise l'appétit des familles pour qui un emploi chez Samsung ou SK Hynix représente une sécurité financière et un statut social enviables. Les travailleurs de la puce IA sont ainsi devenus, dans l'imaginaire collectif sud-coréen, des partis idéaux pour le mariage, suscitant des convoitises bien au-delà des simples frontières de l'emploi.