L'économie iranienne subit un nouveau choc inflationniste. L'inflation annuelle a grimpé à 88,6 % en juin, un niveau inédit depuis le déclenchement du conflit armé avec les États-Unis, selon les données publiées samedi par le Centre des statistiques d'Iran. Cette flambée des prix, qui touche en premier lieu l'alimentation, plonge une partie de la population dans une précarité croissante.
Hausse spectaculaire des produits de base
Les chiffres officiels, portant sur le mois persan de Khordad (22 mai – 21 juin), révèlent une envolée des prix des denrées essentielles. Le pain et les céréales ont augmenté de 138,8 % par rapport à la même période en 2025. La viande rouge et la volaille subissent une progression encore plus marquée, avec un bond de 178,2 % sur un an. Ces statistiques, fondées sur le calendrier persan, confirment l'accélération brutale de la cherté de la vie.
Une inflation qui s'emballe avec la guerre
Avant le début des hostilités, l'inflation affichait 68 % en février (mois persan de Bahman). En juin, elle dépasse les 88 %. En décembre 2025, lors des grandes manifestations contre la vie chère, elle était de 52,6 %. Le conflit a donc amplifié une tendance déjà très lourde. La guerre menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique a désorganisé les circuits commerciaux et accentué la dépréciation du rial, la monnaie nationale.
Un contexte d'hyperinflation chronique
L'économie iranienne souffre depuis plusieurs années d'une hyperinflation structurelle, alimentée par les sanctions internationales. L'effondrement du pouvoir d'achat est devenu un sujet de colère récurrent dans la population. En décembre 2025, des manifestations avaient éclaté dans plusieurs villes, d'abord motivées par le coût de la vie, avant de prendre une tournure politique. Les nouveaux chiffres de juin suggèrent que la pression économique n'a fait que s'intensifier.