Retrait temporaire de la direction
Le fils aîné du fondateur du groupe Mango, Jonathan Andic, a annoncé mardi 26 mai qu’il quittait provisoirement ses fonctions exécutives au sein de l’entreprise pour se concentrer sur sa défense dans le cadre de l’enquête sur la mort de son père, Isak Andic. Ce dernier a trouvé la mort en décembre 2024 après une chute sur un sentier de la montagne de Montserrat, dans les hauteurs de Barcelone. Jonathan Andic, jusqu’alors vice-président du groupe, a indiqué qu’il confiait ses responsabilités opérationnelles à sa sœur, Judith Andic, et à sa mère, Raquel Ferrer, qui assureront la gestion quotidienne de l’entreprise textile.
Une enquête pour homicide involontaire
L’enquête, ouverte par le juzgado de instrucción numero 8 de Barcelone, porte sur des soupçons d’homicide involontaire. Les autorités judiciaires cherchent à déterminer les circonstances précises de la chute du fondateur de Mango, âgé de 71 ans. Jonathan Andic, qui accompagnait son père lors de cette randonnée, est la seule autre personne présente au moment du drame. Il est entendu comme mis en cause dans cette procédure. Dans ce contexte, il a choisi de se retirer de la direction du groupe pour « préserver l’entreprise des répercussions médiatiques et judiciaires », selon ses termes.
Une lettre ouverte pour clamer son innocence
Dans une lettre ouverte adressée à l’AFP, Jonathan Andic a fermement nié toute responsabilité dans la mort de son père. « Je n’ai jamais causé la mort de mon père, ni intentionnellement ni par négligence », écrit-il. Il affirme que sa relation avec Isak Andic était « étroite et affectueuse ». Il dénonce également ce qu’il considère comme une « enquête partiale », menée selon lui sous l’influence de la compagne de son père, Ana Pinel. Cette dernière, assure-t-il, « instrumentalise la justice pour des motifs personnels et économiques ». Il demande que la vérité soit établie et que les investigations soient menées de manière impartiale.
Les zones d’ombre de la chute mortelle
Isak Andic, fondateur du géant espagnol de l’habillement Mango, est mort le 14 décembre 2024. Il avait fait une chute de plusieurs dizaines de mètres alors qu’il marchait avec son fils sur un sentier escarpé de la montagne de Montserrat, un site très fréquenté par les randonneurs. Les secours, alertés par Jonathan Andic, n’avaient pu que constater le décès. Depuis, l’enquête tente de déterminer si la chute est accidentelle ou si elle pourrait résulter d’une action ou d’une omission de la part de Jonathan Andic. Un rapport toxicologique est toujours attendu, et les analyses des téléphones portables des deux hommes sont en cours.
Des tensions familiales ravivées
L’affaire a mis en lumière des dissensions au sein de la famille Andic. Ana Pinel, compagne d’Isak Andic depuis plusieurs années, aurait insisté pour que la justice explore la piste d’une négligence. Jonathan Andic, de son côté, dénonce une « guerre économique » déguisée en procédure judiciaire. Le groupe Mango, qui réalise plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie des milliers de personnes, tente de maintenir le cap malgré cette crise familiale et médiatique.
Prochaines étapes judiciaires
L’enquête se poursuit à Barcelone. Les juges devraient entendre de nouveaux témoins et analyser les preuves techniques. Jonathan Andic reste présumé innocent jusqu’à ce que la justice se prononce. Son retrait de la direction de Mango, présenté comme temporaire, pourrait être prolongé en fonction de l’évolution de la procédure.