Un incendie de forêt d'une rare violence, qui a embrasé un massif boisé de la province d'Almeria en Andalousie, est désormais attribué à un câble électrique laissé à l'abandon, selon les premières conclusions des enquêteurs. Le sinistre, qui a causé la mort de douze personnes et dévasté 6 600 hectares de végétation autour de la localité de Los Gallardos, semble enfin amorcer une décrue après deux jours d’une progression jugée fulgurante par les autorités.

Le feu s'est déclaré dans une zone escarpée, parsemée de ravins et de maisons isolées, des caractéristiques topographiques qui ont accéléré la propagation des flammes. Le ministre espagnol de la Justice, qui s'est rendu sur place, a évoqué une vitesse de propagation atteignant 100 mètres par minute dans les premières heures. Face à cette progression rapide, les services de secours ont ordonné l'évacuation d'environ 1 500 habitants, parmi lesquels figurent de nombreux résidents étrangers, en particulier des Britanniques.

L'enquête se concentre sur un câble hors d'usage

Selon des sources proches de l'enquête, les experts mandatés par la Junte d'Andalousie ont identifié un câble électrique délaissé, non raccordé au réseau, comme étant la cause la plus probable du sinistre. Les investigations se poursuivent pour déterminer les circonstances exactes de l'ignition et vérifier d'éventuelles responsabilités. Cette hypothèse, si elle se confirme, viendrait s'ajouter à une série d'incendies estivaux attribués à des infrastructures électriques vétustes ou mal entretenues dans le sud de l'Espagne.

Un optimisme prudent malgré le drame

Sur le terrain, les quelque 300 pompiers et militaires déployés, appuyés par des moyens aériens composés d'hélicoptères et d'avions bombardiers d'eau, ont réussi à ralentir nettement l'avancée des flammes. Le responsable régional des services de secours d'Andalousie, Antonio Sanz, s'est montré prudent mais confiant sur les ondes de Canal Sur : « Aujourd'hui, nous pouvons déjà regarder la situation avec optimisme et avec la confiance que, si tout se déroule comme cela se passe, pour la première fois, nous pourrions commencer à envisager une future stabilisation » du sinistre. Il a toutefois souligné que la nuit serait cruciale pour consolider ces acquis.

Bédar, hameau fantôme

Épicentre du drame, le hameau de Bédar offrait un paysage lunaire. « On a eu très, très peur. On voyait les flammes. Ça a été terrible », a confié Manoli Ramos, 72 ans, conseillère municipale de la localité, encore marquée par les événements. Les murs noircis par le feu, les rues désertes et les maisons aux volets clos témoignaient de la violence du passage des flammes. Sur un balcon, un drapeau anglais à la croix de Saint-Georges flottait, rappelant la forte communauté britannique évacuée.

Un précédent incendie, en 2012, avait déjà frappé le secteur, mais les habitants décrivent cette fois une intensité bien supérieure. « En 2012, il y avait eu un grand incendie ici au village. Ils avaient évacué à partir de midi ou quelque chose comme ça, jusqu'au lendemain. Le lendemain, ils ont renvoyé tout le monde au village, dans leurs maisons, et ça allait. Mais cette fois-ci, ça a été horrible. Ça a été un enfer », a témoigné une résidente.

Bilan humain et réponse politique

Le bilan officiel, confirmé par les autorités andalouses, s'établit à douze morts, sans qu'aucun nouveau décès n'ait été signalé depuis vendredi. Les opérations de recherche de disparus, qui avaient suscité de vives inquiétudes, ont été closes. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé sa visite sur les lieux pour rencontrer les équipes de secours et les sinistrés.

Alors que la région souffre d'une sécheresse persistante et de températures anormalement élevées, cet incendie relance le débat sur la prévention des feux de forêt et l’entretien des infrastructures électriques en milieu rural. Les autorités locales ont promis une enquête approfondie et, si la cause se confirme, des poursuites pénales pourraient être engagées.