Des scènes de tension dès la fin du match
Alors que des centaines de milliers de personnes étaient attendues dans les rues de Paris pour célébrer la deuxième Ligue des champions consécutive du Paris Saint-Germain, les forces de l'ordre ont dû faire face à des débordements dès la fin de la rencontre samedi 30 mai. Selon un premier bilan établi par la préfecture de police, 79 personnes ont été interpellées, donnant lieu à 45 gardes à vue. Vingt-quatre torches et une centaine de mortiers ont été saisis, et un policier a été blessé.
Près du Parc des Princes, où la finale était retransmise sur écran géant, environ 150 individus ont tenté de pénétrer par une porte d'entrée du stade, rapportent des témoins. Une intervention rapide des forces de l'ordre a permis de repousser ce groupe. Le boulevard périphérique a été momentanément envahi par des supporters, provoquant des perturbations. Des heurts ont également éclaté porte de Saint-Cloud : des mortiers d'artifice ont été lancés sur les policiers, qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes.
Des Champs-Élysées sous haute surveillance
Sur l'avenue des Champs-Élysées, piétonnisée pour l'occasion, la préfecture de police a décompté 20 000 personnes rassemblées après le sacre du PSG. Des projectiles ont visé les forces de l'ordre à proximité de l'avenue. Par ailleurs, six véhicules et deux commerces – une boulangerie et un restaurant porte de Saint-Cloud – ont été dégradés. Une journaliste présente sur place a observé des tirs de feux d'artifice en continu et des jeunes grimper sur un camion de pompiers.
Les commerçants du secteur, craignant une répétition des scènes de pillage de l'année précédente, s'étaient nombreux barricadés dès la fin d'après-midi. Des vitrines protégées par des panneaux de bois étaient visibles dans les rues adjacentes aux Champs-Élysées et au Parc des Princes.
Un dispositif de sécurité XXL maintenu
Pour encadrer cette soirée à haut risque, les autorités avaient déployé 22 000 policiers et gendarmes sur l'ensemble du territoire, dont 8 000 pour Paris et son agglomération. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, avait appelé à « ne tolérer aucune violence et/ou dégradation », selon un télégramme consulté par plusieurs sources. Il s'était déclaré « serein et déterminé » dans l'après-midi, vantant un dispositif « très robuste, très solide ».
En plus de la finale, la soirée parisienne était marquée par le concert d'Aya Nakamura au Stade de France, celui de Damso à Paris La Défense Arena, le tournoi de Roland-Garros, un match de Top 14 au stade Jean-Bouin, et un meeting du candidat à la présidentielle Gabriel Attal. Ce cumul d'événements avait conduit le parquet de Paris à renforcer ses permanences, avec jusqu'à sept magistrats mobilisables.
Comparaison avec 2025
L'an dernier, après la première victoire du PSG en Ligue des champions, 5 400 policiers et gendarmes avaient été déployés dans l'agglomération parisienne. Les débordements avaient alors conduit à 563 interpellations et 307 gardes à vue. Les autorités espéraient que le dispositif renforcé de 2026 permettrait de limiter les violences.
Si le nombre d'interpellations en début de soirée semble inférieur à celui de 2025, la nuit reste longue : le dispositif de sécurité devait être maintenu jusqu'à 5 heures du matin dimanche, et les services de secours – dont 2 500 pompiers – restent en alerte. Les transports en commun sont fortement perturbés, avec de nombreuses lignes arrêtées pour garantir la sécurité des voyageurs.