Le 30 mai 2026, la juge fédérale Kathleen Williams a ordonné à l’administration Trump de répondre à un recours déposé par un groupe de 35 anciens magistrats fédéraux contestant la validité du fonds dit « anti-armement » de 1,8 milliard de dollars. Cette décision intervient alors que le fonds, créé dans le cadre d’un accord transactionnel entre la présidence et l’Internal Revenue Service (IRS), suscite une vive controverse au sein même du camp républicain.

Un fonds controversé issu d’un procès

Le fonds en question trouve son origine dans une action en justice intentée par Donald Trump contre l’IRS, à la suite de la divulgation non autorisée de ses déclarations fiscales. Pour éviter un procès, les avocats de l’administration et l’équipe juridique personnelle du président ont conclu un accord prévoyant la création d’une caisse alimentée par les contribuables, destinée à indemniser les personnes que le chef de l’État estime avoir été lésées par l’administration fédérale.

La plainte des anciens juges

Dans leur motion, les 35 anciens juges fédéraux — nommés sous des administrations démocrates et républicaines — affirment que cette affaire place Donald Trump dans une position paradoxale, puisqu’il est à la fois le plaignant initial et le chef de l’exécutif dont relève l’IRS, c’est-à-dire le défendeur. Selon eux, la procédure judiciaire « constitue en elle-même une fraude vis-à-vis de la cour ». Ils dénoncent également ce qu’ils qualifient de « pillage » des deniers publics, reprochant à l’exécutif d’avoir utilisé le prétexte de ce litige pour instaurer un mécanisme de financement contestable.

La réaction du ministère de la Justice

Le département de la Justice avait déjà annoncé, le 29 mai, une suspension provisoire du fonds, en attendant un examen plus approfondi. La magistrate Williams a désormais enjoint l’exécutif de produire ses arguments juridiques dans un délai imparti, afin de déterminer si la création du fonds et son utilisation respectent le cadre légal.

Des fractures politiques

Cette affaire met en lumière des dissensions au sein du parti au pouvoir. Plusieurs élus républicains ont exprimé leurs réserves, estimant que ce fonds pourrait constituer un précédent dangereux en matière de gestion des fonds publics et d’indépendance judiciaire. Certains critiques, y compris au Congrès, redoutent que ce mécanisme ne soit utilisé pour contourner les contrôles budgétaires habituels.

Prochaines étapes

L’audience au cours de laquelle les avocats de l’administration devront présenter leurs arguments n’a pas encore été fixée. En attendant, la suspension du fonds reste en vigueur, et la question de sa constitutionnalité divise experts juridiques et responsables politiques. L’affaire pourrait avoir des répercussions importantes sur la capacité de l’exécutif à créer des dispositifs financiers en dehors des circuits traditionnels du Congrès.