Le lobby des épargnants France Epargne s'alarme des intentions qui pourraient émerger lors de la prochaine campagne présidentielle. Lors d'une conférence de presse tenue mardi 23 juin, son président, Guillaume Prache, a estimé que la fiscalité de l'assurance vie allait devenir un thème majeur des débats politiques. « Il n'y a pas que la température qui augmente, ça va être chaud aussi pour les prélèvements obligatoires sur les épargnants », a-t-il déclaré, avant de dénoncer des « idées plus ou moins loufoques » qui circuleraient dans les cercles politiques.

Une manne de plus de 2 000 milliards d'euros dans le collimateur

L'assurance vie constitue le placement favori des ménages français. Selon les données de France Assureur, l'encours total des contrats atteint 2 148 milliards d'euros. Ce produit bénéficie d'un régime fiscal particulièrement attractif : pas de plafond de versement, capitalisation des intérêts et une taxation allégée en cas de rachat après huit ans. Ce dispositif, qui a contribué à faire de l'assurance vie un outil majeur de l'épargne longue et de la transmission, se trouve désormais dans le viseur alors que le déficit public contraint l'État à rechercher de nouvelles recettes.

France Epargne, qui regroupe plusieurs associations et revendique deux millions d'épargnants pour 67 milliards d'euros d'encours gérés, voit dans cette situation un risque sérieux. Selon la fédération, l'état des comptes publics pourrait inciter les candidats à la présidentielle de 2027 à proposer une hausse de la taxation des revenus de l'assurance vie ou une révision des abattements successoraux.

Des précédents à gauche et au centre

Les inquiétudes de France Epargne ne sont pas sans fondement. Des formations politiques de gauche, ainsi que le Modem, ont déjà formulé des propositions visant à durcir le cadre fiscal de ce placement. Sans que des mesures précises soient encore arrêtées, les déclarations publiques de ces derniers mois laissent présager un débat nourri lors de la campagne.

Guillaume Prache a insisté sur la nécessité de maintenir un environnement stable pour les épargnants. Il a appelé les responsables politiques à ne pas céder à la tentation d'une ponction « brutale » sur une épargne qui, selon lui, participe au financement de l'économie française, notamment via les fonds en euros investis en obligations d'État et en dette privée.

Un enjeu électoral et économique

Au-delà des seuls détenteurs de contrats – environ 40 % des Français –, le débat sur la fiscalité de l'assurance vie touche à des questions de justice sociale, de rendement budgétaire et de confiance dans l'épargne longue. France Epargne craint que des propositions « démagogiques » ne nuisent à la collecte et, in fine, au financement des entreprises et de l'État.

La fédération entend peser dans le débat public pour défendre le statu quo, mais elle reconnaît que la pression budgétaire rendra difficile le maintien de tous les avantages actuels. La campagne présidentielle de 2027 s'annonce ainsi comme un moment charnière pour l'avenir de ce placement emblématique.