Une première libération dans l’affaire de la flottille terrestre

Quatre militants pro-palestiniens arrêtés en Libye depuis près d’un mois ont retrouvé la liberté. Parmi eux figurent Domenico Centrone et Leonarda Alberizia, tous deux italiens, ainsi qu’Achraf Khoja, de nationalité tunisienne, et Matias Rodriguez, citoyen uruguayen possédant également la nationalité italienne. Le groupe Global Sumud Flotilla, qui coordonne l’initiative, a confirmé leur remise en liberté mercredi 24 juin. Les quatre hommes ont rejoint Tunis, tandis que Matias Rodriguez, Domenico Centrone et Leonarda Alberizia ont été confiés au consul d’Italie à Benghazi avant de regagner leur pays dans la journée, selon les déclarations du ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani.

Six militants toujours en détention

Dix personnes avaient été appréhendées fin mai par une milice liée aux forces autoproclamées de l’Armée nationale libyenne (ANL), dirigées par Khalifa Haftar. Ces militants tentaient de rallier la bande de Gaza par voie terrestre, en passant par la Libye et l’Égypte, afin de briser le siège imposé à l’enclave palestinienne. Selon Amnesty International, l’arrestation a eu lieu le 24 mai alors que le groupe se rendait à Syrte pour solliciter l’autorisation des autorités locales de poursuivre sa route. Les militants ont d’abord été soumis à une disparition forcée de deux à neuf jours avant d’être présentés à un procureur, qui les a placés en détention provisoire pour « rassemblement sans autorisation ». Le Global Sumud Flotilla a indiqué que les six autres détenus devraient être libérés sous vingt-quatre heures. Durant leur captivité, ils ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention.

Un contexte d’arrestations massives

Cette affaire s’inscrit dans un épisode plus large de répression des initiatives de solidarité avec Gaza. En mai, plus de 400 militants avaient été interpellés en eaux internationales alors qu’ils naviguaient à bord de dizaines de navires vers l’enclave, dans le cadre de la « Global Sumud Flotilla » maritime. Ils ont été appréhendés par les forces israéliennes, qui ont dénoncé une violation du blocus. Des ressortissants français impliqués dans cette opération maritime, kidnappés en mer, ont déposé une nouvelle plainte en France, dénonçant des actes de torture et des crimes de guerre. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a déjà ouvert une enquête et procédé à des premières auditions.

Des plaintes pour mauvais traitements

Les militants français de la flottille maritime, après avoir relaté des mauvais traitements durant leur détention par Israël, ont annoncé le dépôt d’une nouvelle procédure judiciaire. Cette démarche intervient alors que les autorités italiennes ont également ouvert une enquête visant le ministre israélien Itamar Ben-Gvir pour des faits de violences présumées lors de l’interception. Les organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont appelé à la libération des détenus et à la fin des poursuites à leur encontre.

Réactions diplomatiques

La libération des trois Italiens a été saluée par le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani, qui a remercié les autorités libyennes pour leur coopération. Le sort des six autres militants – de nationalités diverses – reste suspendu à leur remise en liberté imminente, sans que des précisions aient été fournies sur leur état de santé ou les modalités de leur élargissement.