Le second jour des obsèques de l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien assassiné le 28 février, s'est déroulé dimanche 5 juillet à Téhéran en présence de nombreuses personnalités politiques et militaires. Trois des fils du défunt étaient visibles dans la foule, mais le nouveau guide de la République islamique, Mojtaba Khamenei, brillait par son absence.
Une absence prolongée et des questions sur l'état de santé
Le successeur désigné n'a plus été aperçu en public depuis mars. Grièvement blessé lors de la même frappe israélienne qui a tué son père, il aurait le visage défiguré et des lésions aux jambes. Il se trouverait dans un bunker, son accès et les communications avec lui étant strictement limités.
Des précisions ont été apportées par le responsable du comité d'organisation des funérailles, Ali Akbar Pourjamshidian, lors d'une conférence de presse tenue la semaine dernière. « La question de la présence du guide suprême ne relève pas de mon autorité ni de mes informations », a-t-il déclaré. « Si un plan existe, son bureau en donnera les détails. »
Des impératifs de sécurité jugés prioritaires
Deux membres des Gardiens de la révolution islamique, familiers des préparatifs, ont confié sous couvert d'anonymat que l'équipe de sécurité du guide avait rejeté l'idée de sa participation. Les craintes portaient sur d'éventuelles tentatives israéliennes de l'assassiner ou de localiser sa cachette. Mohammad Hossein Khoshvaght, proche de la famille, a rapporté que des experts en sécurité conseillaient au nouveau guide « de ne se révéler d'aucune manière, même en diffusant sa voix ».
Selon les mêmes sources, Mojtaba Khamenei aurait malgré tout exprimé le souhait d'assister à l'inhumation, programmée le 9 juillet au sanctuaire de l'imam Reza à Machhad, et de réciter la prière des morts sur le corps de son père. Toutefois, aucune confirmation officielle n'a été donnée.
Un déroulement marqué par la présence des hauts responsables
Des milliers de fidèles ont envahi la grande mosalla de l'imam Khomeiny à Téhéran. Parmi les personnalités présentes figuraient le président Masoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad Bagher Qalibaf, le chef des Gardiens de la révolution Ahmad Vahidi – aperçu pour la première fois en public depuis le début du conflit – et le commandant de la force Qods Esmail Qaani. Les cercueils de la fille, du gendre, de la belle-fille et de la petite-fille d'Ali Khamenei, tués dans la même attaque, étaient placés à côté du sien.
Les trois fils de l'ancien guide suprême présents – Meysam, Mostafa et Masoud – ont également attiré l'attention. Ce dernier a essuyé ses larmes avec un keffieh, symbole de solidarité avec les Palestiniens.
L'attente des partisans
De nombreux sympathisants espéraient apercevoir leur nouveau guide à cette occasion. L'un d'eux, Ehsan Hosseini, a estimé que « sa sécurité doit absolument primer » et que la décision de son bureau serait la bonne.
L'absence de Mojtaba Khamenei à ce stade des cérémonies a relancé les interrogations sur son état de santé et sur la stratégie de communication du nouveau pouvoir iranien, alors que le pays traverse une période de tensions accrues.