Le déroulement du Grand oral du baccalauréat, première épreuve emblématique de la session 2026, est perturbé par l’épisode caniculaire qui touche une grande partie du territoire. Des professeurs, réquisitionnés comme jurés, témoignent d’une situation vécue comme une « grande confusion », marquée par un manque d’anticipation de la part des autorités académiques.
Des témoignages concordants décrivent des salles d’examen surchauffées, parfois dépourvues de ventilation ou de climatisation, où la concentration devient extrêmement pénible tant pour les candidats que pour les examinateurs. L’un d’eux confie avoir « pensé à se mettre en arrêt » tant les conditions lui paraissaient insupportables, illustrant le degré de tension ressenti par le corps enseignant mobilisé.
Des aménagements locaux déjà prévus pour les oraux
Pourtant, le ministère de l’Éducation nationale avait annoncé, plusieurs jours avant le début des épreuves, que les oraux pourraient être reportés localement en cas de canicule. Cette disposition, officialisée autour du 16 juin, vise à permettre aux recteurs d’académie d’adapter le calendrier des épreuves orales en fonction des conditions météorologiques extrêmes. Concrètement, un report peut être décidé à l’échelle d’un établissement, d’une commune ou d’un département placé en vigilance rouge ou orange.
Malgré cette mesure de flexibilité, de nombreux jurés estiment que son application a été trop tardive ou mal coordonnée. « On nous a prévenus la veille que l’épreuve était maintenue, alors que les températures avoisinaient les 38 degrés dans nos salles », rapporte un enseignant. D’autres soulignent que les consignes de reports éventuels n’ont pas été clairement communiquées aux équipes sur le terrain, créant une « cacophonie organisationnelle ».
Un malaise plus général sur les conditions de travail
Au-delà de la seule canicule, ces plaintes s’inscrivent dans un malaise plus large des enseignants concernant leurs conditions d’exercice lors des examens nationaux. La charge de travail, la rémunération des jurys et l’absence de mesures concrètes pour garantir un environnement de travail décent sont régulièrement dénoncées par les syndicats.
La situation actuelle relance le débat sur la robustesse du système face aux aléas climatiques. Avec l’accélération du réchauffement, les épisodes de chaleur extrême devraient se multiplier lors des périodes d’examens (juin-juillet), amenant certains à réclamer une refonte plus structurelle du calendrier et des modalités d’organisation des épreuves.
Le ministère renvoie aux rectorats
Interrogés sur ces dysfonctionnements, les services du ministère de l’Éducation nationale renvoient vers les rectorats, rappelant que ce sont les autorités académiques locales qui sont compétentes pour mettre en œuvre les reports prévus par la circulaire. Aucune communication nationale supplémentaire n’a été diffusée depuis les annonces de mi-juin.
Pour l’heure, l’épreuve du Grand oral se poursuit dans la plupart des académies, mais les témoignages d’enseignants jurés laissent entrevoir un climat délétère qui pourrait peser sur le bon déroulement des prochaines épreuves du baccalauréat, notamment les oraux de rattrapage prévus début juillet.