Amazon annonce une étape décisive dans le déploiement de son réseau d'accès à Internet par satellite. La constellation Leo, également connue sous le nom de Projet Kuiper, compte désormais 396 satellites en orbite, après l'envoi récent de 29 nouveaux engins. Selon le vice-président chargé de la division commerciale et des produits d'Amazon Leo, Chris Weber, cette flotte est désormais suffisante pour assurer un service continu sur les premières latitudes de couverture.
« Les derniers lancements ont été très importants pour Amazon Project Kuiper, nous amenant à plus de 390 satellites déployés, ce qui est suffisant pour assurer un service continu sur les premières latitudes », a expliqué Chris Weber sur le réseau social X, confirmant que le seuil opérationnel minimal était atteint. Il a toutefois souligné que de nombreuses opérations restent à mener, notamment la mise à l'altitude de consigne de l'ensemble des satellites.
Des performances initiales a priori modestes
Pour évaluer les capacités du service à son lancement, la comparaison avec Starlink, le réseau concurrent de SpaceX, est instructive. Au moment de son ouverture au public, Starlink comptait environ 900 satellites en orbite, soit plus du double du nombre actuel d'Amazon Leo. Les experts s'attendent donc à ce que les premiers utilisateurs d'Amazon Leo connaissent des performances plus limitées, tant en termes de débit que de couverture géographique.
Le géant du commerce en ligne prévoit pourtant de déployer à terme une constellation de 3 232 satellites afin d'offrir un service mondial et robuste. Le chemin est donc encore long, même si le responsable du projet se montre confiant quant au calendrier. La commercialisation du service est en effet annoncée pour le milieu de l'année 2026.
Une concurrence féroce dans l'Internet spatial
Avec ce lancement imminent, Amazon entend rivaliser directement avec Starlink, qui domine aujourd'hui le marché de l'accès à Internet par satellite. D'autres acteurs, comme le projet Lightspeed du canadien Telesat ou la constellation chinoise Thousand Sails, sont également en développement. La course à la connectivité spatiale s'accélère, portée par la promesse d'une couverture des zones rurales et isolées que les réseaux terrestres peinent à desservir.
Amazon mise sur son écosystème existant – services cloud, logistique et clientèle massive – pour différencier son offre. La société n'a pas encore communiqué les détails tarifaires ni les premiers marchés ciblés, mais les observateurs s'attendent à une stratégie agressive pour capter des parts de ce marché en pleine expansion.
En attendant, les prochains mois seront décisifs : il faudra hisser tous les satellites à leur altitude opérationnelle, valider les liaisons sol et lancer les premiers tests clients. La promesse d'un accès à Internet depuis n'importe quel point du globe se rapproche, mais elle reste encore conditionnée à des déploiements supplémentaires.