Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a supervisé cette semaine une nouvelle série d'essais militaires navals à bord du destroyer «Kang Kon», un bâtiment de 5 000 tonnes récemment mis à l'eau. Selon l'agence d'État KCNA, ces tests ont porté sur des missiles de croisière ainsi que sur des systèmes de guerre électronique, et se sont déroulés vendredi depuis une zone côtière que Kim Jong-un observait entouré d'officiers. Des images diffusées par les médias officiels montrent le navire lançant un missile en mer.

À l'issue des exercices, le numéro un nord-coréen a donné pour instruction que le destroyer achève sa phase de tests «de manière responsable» et soit remis à la Marine nationale «dans les deux mois». Il s'agit d'une accélération notable du calendrier, alors que le même navire avait connu un cuisant échec lors de sa première mise à l'eau, un peu plus d'un an plus tôt. Ce jour-là, sous les yeux de Kim Jong-un, le bâtiment s'était échoué, ce qui avait valu au souverain une violente diatribe contre ce qu'il avait qualifié de «négligence absolue», promettant des sanctions contre les responsables.

Une accélération des programmes militaires Ce nouvel essai intervient dans un contexte de renforcement continu des capacités de projection de Pyongyang. Depuis plusieurs mois, la Corée du Nord multiplie les démonstrations de force navale et balistique, tout en se rapprochant militairement de Moscou. Des soldats nord-coréens ont été envoyés combattre aux côtés des forces russes en Ukraine, et les deux pays ont approfondi leur coopération dans les domaines de la défense et de la technologie.

Dans le même temps, le régime de Kim Jong-un entretient des relations étroites avec Pékin. KCNA a rapporté que le président chinois Xi Jinping avait adressé une lettre au dirigeant nord-coréen, en réponse à un message de félicitations que ce dernier lui avait envoyé à l'occasion du 105e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois. «Je suis prêt à guider les secteurs et régions concernées, des deux côtés, vers la mise en œuvre complète de notre important accord commun, et à mener les relations Chine-RPDC à un développement de long terme, solide et stable», a écrit Xi Jinping dans sa missive, utilisant le sigle officiel désignant la Corée du Nord.

Un partenaire chinois toujours central Si le rapprochement avec Moscou a marqué les dernières années, la Chine demeure de loin le premier partenaire économique et diplomatique de Pyongyang, avec laquelle elle partage une frontière de plus de 1 400 kilomètres. Les deux capitales affichent régulièrement leur convergence sur les dossiers régionaux et internationaux, en particulier face aux pressions américaines.

Le destroyer «Kang Kon» – dont le nom rend hommage à un général nord-coréen de la guerre de Corée – symbolise les ambitions navales du régime. Sa mise en service rapide pourrait modifier l'équilibre des forces dans la mer Jaune, zone de tensions récurrentes entre les deux Corées. Les observateurs étrangers surveillent de près ces développements, alors que les pourparlers de dénucléarisation restent au point mort et que les exercices conjoints américano-sud-coréens se poursuivent.