Samedi 5 juillet 2026, des groupes armés ont mené des attaques coordonnées dans plusieurs localités du Mali, ciblant des positions militaires et une prison. Les assauts, qui se sont déroulés dans le nord, le centre et le sud du pays, ont été revendiqués à la fois par le Front de libération de l'Azawad (FLA), un groupe rebelle à dominante touarègue, et par Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), une alliance djihadiste affiliée à Al-Qaïda.

Selon un communiqué initial de l'armée malienne, les combats ont touché cinq sites : Aguelhok, Anefis et Gao dans le nord, Sévaré dans le centre, et Kéniéba dans le sud. L'armée a indiqué avoir repris le contrôle de la situation, affirmant avoir tué vingt « terroristes » à Sévaré et six à Gao. Elle a également déploré la mort d'un combattant pro-gouvernemental à Gao et quatre blessés.

Dans un deuxième communiqué, les autorités militaires ont précisé avoir repoussé des attaques dans les villes centrales de Konna et de Somadougou, avec l'appui du groupe paramilitaire russe Africa Corps. Des vidéos diffusées par Africa Corps sur Telegram montreraient une frappe de drone contre une position rebelle à Anefis et un soldat russe posté sur un bâtiment à Aguelhok ; ces images n'ont pu être vérifiées de manière indépendante.

Une prison visée dans le sud

À Kéniéba, un complexe carcéral de grande taille où sont détenus des membres de l'opposition politique malienne a été la cible des assaillants. Les circonstances exactes de cette attaque n'ont pas été précisées par les autorités, mais elle s'inscrit dans un contexte de tensions politiques persistantes.

Revendications et groupes impliqués

Un porte-parole du FLA a confirmé à l'agence de presse Reuters la participation de son groupe aux opérations. De son côté, JNIM a déclaré dans un communiqué avoir attaqué et pris le contrôle d'au moins sept positions tenues par l'armée ou par des milices pro-gouvernementales. Ces affirmations n'ont pu être vérifiées de manière indépendante.

JNIM, formé en 2017, est une coalition qui regroupe la branche saharienne d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et les groupes armés maliens Ansar Dine, Katiba Macina et Al-Mourabitoun. Il est dirigé par Iyad Ag Ghali, fondateur d'Ansar Dine en 2012. Le groupe est actif dans les zones frontalières du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

Un regain de violence

Ces attaques surviennent plus de deux mois après un assaut coordonné similaire contre Bamako et plusieurs autres localités, mené par les mêmes groupes. La multiplication de ces opérations d'envergure témoigne d'une capacité de nuisance persistante des mouvements armés, malgré les opérations menées par l'armée malienne et ses alliés russes.