Andrew Yates, directeur général de KPMG Australie, a présenté sa démission, prenant ses responsabilités dans la mauvaise gestion par le cabinet de conseil d'allégations de lanceurs d'alerte concernant un usage détourné d'informations de clients. L'annonce a été faite vendredi matin.

Dans un communiqué, le dirigeant, en poste depuis 2021, a déclaré : « Je me suis engagé en faveur d'une culture de la parole dans notre cabinet. Il est clair que, dans cette affaire, nous nous sommes laissés aller et j'en assume la responsabilité. »

Julian McPherson, qui dirigeait la branche audit et assurance de KPMG Australie, quitte également ses fonctions et l'entreprise « après une transition ordonnée de ses responsabilités auprès de ses clients ». La firme a indiqué poursuivre son enquête sur « une affaire relative à des documents de clients ayant été partagés de manière inappropriée en interne ».

Une culture de la parole remise en cause

Ces démissions interviennent alors que KPMG Australie est confrontée à des critiques sur sa capacité à traiter les signalements internes. Le départ simultané des deux hauts responsables témoigne de la gravité des faits reprochés. Le cabinet n'a pas précisé la nature exacte des documents concernés ni le nombre de personnes impliquées.

Andrew Yates avait été nommé à la tête de la filiale australienne après avoir occupé plusieurs postes de direction au sein du réseau KPMG. Il était considéré comme un artisan de la transformation numérique du cabinet dans la région.

Un précédent dans le secteur

Le scandale rappelle d'autres affaires de lanceurs d'alerte ayant ébranlé les grands cabinets d'audit et de conseil ces dernières années. La gestion des signalements internes et la protection des whistleblowers constituent un enjeu réglementaire et éthique majeur pour ces firmes, régulièrement pointées du doigt pour leur culture d'entreprise.

KPMG Australie n'a pas communiqué sur l'identité d'un successeur potentiel ni sur le calendrier de nomination d'un nouveau directeur général. L'enquête interne en cours pourrait déboucher sur des mesures disciplinaires supplémentaires ou des révisions des procédures de contrôle.

Le cabinet, l'un des quatre grands de l'audit et du conseil, réalise un chiffre d'affaires annuel de plusieurs centaines de millions de dollars australiens et emploie des milliers de personnes dans le pays. Cette crise intervient dans un contexte de durcissement de la réglementation sur la gouvernance d'entreprise en Australie.