Tsahal a annoncé ce week-end avoir pris le contrôle du château de Beaufort, une forteresse bâtie par les Croisés il y a neuf siècles sur une crête surplombant le fleuve Litani, dans le sud du Liban. Cette prise, à la fois hautement symbolique et tactique, représente l'avancée la plus profonde des troupes israéliennes sur le territoire libanais depuis 26 ans.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a salué l'opération en rappelant la bataille menée par la brigade Golani au même endroit il y a 44 ans. Il a souligné que cette unité avait hissé le drapeau israélien au sommet de la forteresse, jugeant cette prise essentielle pour protéger les communautés israéliennes de l'autre côté de la frontière.
Extension des opérations et ordre d'évacuation
Parallèlement à cette conquête, l'armée israélienne a étendu sa zone d'opérations terrestres contre le Hezbollah. Un porte-parole militaire a confirmé qu'« un nombre significatif de soldats des forces terrestres » étaient engagés dans une offensive « actuellement en cours d'extension vers des zones supplémentaires ».
Les autorités israéliennes ont renouvelé leur appel à évacuer toutes les populations situées au sud du fleuve Zahrani, deuxième avertissement de ce type en quelques jours. « Quiconque se trouve à proximité d'éléments, d'installations ou de moyens de combat du Hezbollah met sa vie en danger », a déclaré le porte-parole.
Réactions et bilan humain
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé dans une allocution télévisée ce qu'il a qualifié de « politique de la terre brûlée et de châtiment collectif » menée par Israël dans le sud du pays. Les autorités libanaises font état de plus de 3 300 morts depuis la reprise des hostilités début mars, tandis que l'armée israélienne a déploré la mort de 25 soldats.
De son côté, le Hezbollah a tiré une vingtaine de projectiles en direction du territoire israélien samedi, provoquant la fermeture d'écoles côté israélien par mesure de précaution. Des responsables de l'opposition israélienne ont appelé le gouvernement à renforcer la sécurité des habitants.
Négociations à Washington
Malgré ces affrontements, une quatrième session de pourparlers entre les délégations israélienne et libanaise doit se tenir cette semaine dans la capitale américaine. Nawaf Salam a estimé qu'il s'agissait de la seule voie pour sortir du conflit, tout en reconnaissant que le Hezbollah n'était pas partie prenante aux discussions et que l'armée libanaise restait spectatrice de cette confrontation.