La Hongrie va pouvoir bénéficier de 16 milliards d'euros de fonds européens jusqu'ici gelés. La Commission européenne a annoncé le déblocage de cette enveloppe, conditionnée à la mise en œuvre de réformes promises par le nouveau dirigeant hongrois.
Cette somme était bloquée dans le cadre de procédures engagées contre les politiques de l'ancien Premier ministre Viktor Orban, concernant notamment les droits des personnes LGBT+, les conditions d'accueil des demandeurs d'asile, ainsi que des situations de conflits d'intérêts.
La présidente de la Commission européenne a salué un « vent de changement » en Hongrie. Cette expression fait référence aux engagements pris par Peter Magyar, qui a succédé à Viktor Orban à la tête du gouvernement hongrois. Ce dernier s'est engagé à procéder à de profondes réformes pour rétablir l'État de droit, une condition préalable au déblocage des fonds.
Des réformes structurelles attendues
Le nouveau gouvernement hongrois a promis de modifier plusieurs législations mises en cause par Bruxelles. Les domaines concernés incluent la protection des minorités, l'indépendance de la justice et la lutte contre la corruption. Ces engagements ont été jugés suffisants par la Commission pour libérer les fonds, bien que ceux-ci restent soumis à un suivi régulier.
Les 16 milliards d'euros proviennent de différents programmes européens, dont la politique de cohésion et le plan de relance post-pandémie. Ils avaient été suspendus en raison de violations répétées des principes de l'État de droit sous l'administration Orban.
Un tournant pour les relations Budapest-Bruxelles
Cette décision marque une amélioration significative des relations entre la Hongrie et l'Union européenne, qui étaient extrêmement tendues ces dernières années. Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, avait multiplié les confrontations avec les institutions européennes sur des questions touchant à la démocratie et aux droits fondamentaux.
Peter Magyar, arrivé au pouvoir après des élections anticipées, a fait campagne sur un programme de normalisation des relations avec l'UE et de retour aux standards démocratiques européens. Le déblocage des fonds constitue une première concrétisation de cette nouvelle orientation.
Un contrôle renforcé reste en place
Bien que les fonds soient débloqués, la Commission européenne a précisé qu'un mécanisme de surveillance serait maintenu pour vérifier la mise en œuvre effective des réformes promises. En cas de non-respect des engagements, les versements pourraient être suspendus.
Les observateurs estiment que cette décision envoie un signal positif aux investisseurs et aux partenaires européens de la Hongrie, mais soulignent que la véritable épreuve sera la concrétisation des réformes annoncées dans les mois à venir.