Le nom du président Donald Trump ne pourra pas réapparaître sur le Kennedy Center for the Performing Arts tant que l'institution culturelle contestera en appel la décision de justice ayant ordonné son retrait, a tranché une cour d'appel fédérale. Une formation de trois juges de la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia a rejeté, mercredi 8 juillet 2026, la demande du conseil d'administration du centre – que le président préside – de suspendre l'exécution de l'ordonnance rendue en première instance.

Cette décision constitue un nouvel échec pour les administrateurs du Kennedy Center, engagés depuis plusieurs mois dans une bataille judiciaire autour du changement de nom de l'institution. Le mois dernier, des ouvriers avaient retiré le nom de Donald Trump de la façade et de la signalétique du bâtiment, après que le juge fédéral Christopher Cooper eut ordonné cette mesure et bloqué les projets du président de fermer le site pour travaux.

Les arguments du conseil d'administration jugés insuffisants

Dans leur décision, les magistrats ont estimé que le conseil d'administration n'avait pas démontré qu'il subirait un préjudice irréparable si le nom de Donald Trump demeurait absent du bâtiment pendant la procédure d'appel. Les administrateurs avaient fait valoir que ce retrait compromettait leurs efforts de collecte de fonds. Mais les juges ont relevé que cette affirmation n'était étayée par « aucun fait ou élément de preuve spécifique ».

Le Kennedy Center n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire formulée par courriel.

L'affaire à l'origine du litige

Le litige trouve son origine dans une décision du conseil d'administration, intervenue plus tôt dans l'année, de rebaptiser l'institution « The Donald J. Trump and The John F. Kennedy Memorial Center for the Performing Arts ». Cette dénomination, ajoutant le nom du président à celui du mémorial dédié à l'ancien président John F. Kennedy, avait immédiatement suscité une controverse.

L'action en justice avait été intentée par la représentante démocrate Joyce Beatty, membre du conseil d'administration du Kennedy Center. Dans un communiqué, elle a salué la décision de la cour d'appel : « Cette décision confirme une fois de plus que les tentatives de cette administration de rebaptiser le Kennedy Center étaient illégales. Son nom ne souille plus ce mémorial sacré, qui appartient au peuple américain. »

Un symbole de l'empreinte présidentielle sur Washington

Cette affaire dépasse le simple cadre juridique pour revêtir une portée symbolique, illustrant la volonté de Donald Trump d'imprimer sa marque personnelle sur la capitale fédérale au cours de son dernier mandat. La bataille autour du nom du Kennedy Center s'inscrit dans une série d'initiatives visant à associer le nom ou l'effigie du président à des institutions et symboles nationaux.

La cour d'appel a donc refusé de faire droit à la demande de l'administration Trump, confirmant que le nom du président ne figurera pas sur le bâtiment tant que le dossier ne sera pas tranché au fond par les juridictions supérieures.