La Lituanie entend participer activement à la stratégie de dissuasion nucléaire de l'OTAN contre la Russie. Le chef de l'État lituanien a annoncé avoir soumis un projet de révision de la Constitution afin d'abolir la clause qui interdit actuellement l'implantation d'armes atomiques sur le territoire national.
« Il y a quelques jours, j'ai proposé un amendement constitutionnel pour supprimer la restriction existante sur le possible déploiement d'armes nucléaires en Lituanie », a déclaré le président, dont les propos ont été rapportés lors d'une intervention publique. Cette initiative traduit une volonté de renforcer l'ancrage du pays dans le parapluie nucléaire de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, alors que les tensions persistent avec Moscou.
Un changement de cap notable
Jusqu'à présent, la Lituanie interdisait toute présence d'armes nucléaires sur son sol, une position inscrite dans sa loi fondamentale. La proposition présidentielle marque donc un tournant significatif dans la posture de défense du pays balte, qui partage une frontière avec l'enclave russe de Kaliningrad et avec la Biélorussie, alliée de la Russie. En levant cet obstacle juridique, Vilnius cherche à s'intégrer pleinement dans les mécanismes de dissuasion élargie de l'OTAN, qui reposent en partie sur l'arsenal nucléaire des États-Unis.
Le président lituanien n'a pas précisé le calendrier d'examen de l'amendement par le Parlement, ni la nature exacte des discussions en cours avec les partenaires de l'Alliance. Toutefois, cette annonce intervient dans un contexte de recomposition des architectures de sécurité en Europe, où plusieurs États membres de l'OTAN réévaluent leurs positions sur le partage nucléaire.
Réactions et implications
Si la mesure était adoptée, la Lituanie pourrait accueillir des armes nucléaires américaines dans le cadre des accords de partage nucléaire de l'OTAN, dispositif déjà en vigueur dans d'autres pays comme l'Allemagne, la Belgique, l'Italie ou les Pays-Bas. Une telle décision renforcerait la dissuasion sur le flanc oriental de l'Alliance, mais elle pourrait également susciter des critiques au sein de l'opinion publique lituanienne et attiser les tensions avec Moscou.
Pour l'heure, aucune réaction officielle n'a été enregistrée du côté du Kremlin. Il convient de noter que, dans les sources disponibles, les informations sur ce sujet sont limitées à la déclaration présidentielle, et aucun détail supplémentaire n'a été communiqué concernant les modalités pratiques ou le calendrier législatif.
Cette initiative s'inscrit dans un mouvement plus large de durcissement des positions des États baltes, qui réclament depuis plusieurs années un renforcement de la présence militaire alliée sur leur sol face à ce qu'ils perçoivent comme une menace existentielle de la part de la Russie. La Lituanie, qui a déjà considérablement augmenté son budget de défense et accueilli des troupes multinationales de l'OTAN, franchirait avec cet amendement une étape supplémentaire dans son intégration au dispositif dissuasif occidental.