Le déficit commercial des États-Unis en biens et services a connu une forte augmentation au mois de mai, s’établissant à 77,6 milliards de dollars, un niveau inédit depuis plus d’un an. Cette aggravation provient d’une hausse des importations couplée à un recul des ventes à l’étranger.
D’après les chiffres officiels dévoilés par l’administration, les importations ont progressé de 3,3 % par rapport à avril pour atteindre 395,3 milliards de dollars, un record absolu pour les seuls biens. Les achats de médicaments, de téléphones portables, de véhicules et d’équipements destinés aux centres de données ont particulièrement augmenté. Dans le même temps, les exportations ont chuté de 3,2 %, à 317,7 milliards de dollars, pénalisées par les ventes d’or, de gaz naturel, d’ordinateurs et de produits pharmaceutiques. Seules les exportations de services ont progressé, notamment grâce aux dépenses des voyageurs étrangers aux États-Unis.
Des fluctuations liées aux droits de douane
L’administration Trump a multiplié les taxes sur les importations étrangères dans l’objectif de réduire le déficit commercial. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le déficit mensuel moyen des biens s’élève à 96 milliards de dollars, soit environ 5 % de moins que la moyenne des seize mois ayant précédé son entrée en fonction. Toutefois, ces mesures ont provoqué des variations marquées des flux commerciaux.
La demande intérieure soutenue pour les technologies liées à l’intelligence artificielle, les médicaments étrangers et d’autres produits non fabriqués aux États-Unis a limité l’effet des droits de douane sur les importations. Par ailleurs, le conflit en Iran perturbe les chaînes d’approvisionnement : la fermeture du détroit d’Ormuz a bouleversé les échanges de pétrole, d’engrais et d’hélium. En avril, cette même fermeture avait au contraire favorisé les exportations américaines de pétrole, qui avaient atteint un record mensuel.
Une nouvelle phase de la politique commerciale se profile
Les importateurs américains se préparent à un nouveau changement majeur de la politique douanière. En février, la Cour suprême a invalidé les droits de douane à deux chiffres imposés par le président Trump l’an dernier. Pour y suppléer, l’administration a instauré une taxe uniforme de 10 % sur tous les partenaires commerciaux, mais cette mesure temporaire arrive à expiration ce mois-ci.
Pour la remplacer, l’exécutif prépare deux enquêtes commerciales au titre de la disposition connue sous le nom de Section 301. La première porte sur les restrictions imposées par d’autres pays à l’importation de biens issus du travail forcé ; la seconde examine les pratiques employées par les nations pour soutenir artificiellement leurs secteurs industriels. Ces enquêtes devraient aboutir à un retour des droits de douane à des niveaux proches de ceux qui prévalaient avant la décision de la Cour suprême.