Démission et enquête présidentielle
Hong Myung-bo a annoncé sa démission, dimanche 28 juin, au poste de sélectionneur de l'équipe nationale de football de Corée du Sud. Cette décision fait suite à l'élimination de son équipe dès le premier tour de la Coupe du monde 2026, une contre-performance qui a suscité une vive colère dans le pays.
Le président sud-coréen, Lee Jae-myung, a immédiatement réagi en appelant à une enquête sur les causes de cet échec. Dans un message publié sur son compte X, il a exprimé « non pas de la confusion, mais un véritable égarement face à ce résultat inattendu ». Il a estimé que cette élimination précoce « semble être un échec d'organisation et de personnel ». Accusant directement la fédération, il a ajouté : « Quand le favoritisme et le copinage priment sur la compétence dans le choix d'un commandant, le résultat est aussi prévisible que le feu qui brûle le papier. »
Une élimination douloureuse
La Corée du Sud, classée 32e au classement mondial de la FIFA, a bouclé la phase de groupes avec un bilan d'une victoire et deux défaites. Après un succès initial contre la Tchéquie (2-1), les hommes de Hong Myung-bo se sont inclinés face au Mexique (1-0), puis contre l'Afrique du Sud (1-0), une sélection classée 60e. Ce dernier revers, survenu jeudi, a scellé leur sort : troisièmes du groupe A, les Sud-Coréens espéraient encore se qualifier pour les huitièmes de finale en tant que l'un des huit meilleurs troisièmes, mais cet espoir a été anéanti samedi.
Lors d'une conférence de presse organisée dans l'ouest du Mexique, le sélectionneur démissionnaire a déclaré : « Nous n'avons pas obtenu les résultats que nos supporters attendaient. » Il a ajouté : « Même si je quitte l'équipe nationale, je n'abandonne pas complètement le football coréen. Je soutiendrai l'équipe nationale de tout cœur et j'espère qu'elle retrouvera la confiance et l'affection du peuple. »
Une nomination controversée dès l'origine
La nomination de Hong Myung-bo, en 2024, avait déjà suscité de vives critiques. Figure historique du football sud-coréen, héros de la demi-finale de 2002 dont il était le capitaine, il avait déjà dirigé la sélection lors du Mondial 2014, où elle avait également été éliminée au premier tour sans remporter le moindre match. Nombre d'observateurs et de supporters ont dénoncé ce choix, estimant que la Fédération coréenne de football (KFA) avait une nouvelle fois privilégié des liens d'amitié au détriment d'un processus de sélection rigoureux, écartant plusieurs candidats étrangers pourtant soumis à un examen approfondi. Le président de la République a lui-même fait écho à ces critiques.
Des réactions en cascade
Au-delà des déclarations présidentielles, la colère est montée d'un cran dans le pays. D'anciens joueurs ont exprimé leur consternation. Park Ji-sung, ancien capitaine et joueur de Manchester United, a estimé : « Nous aurions pu nous attendre à ce résultat il y a des années. Nous devons nous demander pourquoi nous en sommes arrivés là. Après avoir passé une décennie à apprendre comment se préparer à la Coupe du monde et développer le football coréen, nous avons une fois de plus oublié ces leçons. »
Des menaces de mort en ligne, proférées à l'encontre de Hong Myung-bo, ont été signalées. La police sud-coréenne a indiqué surveiller les risques sécuritaires aux abords de l'aéroport international d'Incheon, où le sélectionneur est attendu mardi matin, ainsi que dans d'autres lieux. Aucun comité d'accueil officiel n'a été planifié par la KFA pour le retour de l'équipe.
Un contexte d'exaspération
Cette élimination rappelle de mauvais souvenirs aux supporters sud-coréens. En 2014, déjà sous la direction de Hong Myung-bo, les joueurs de retour du Brésil avaient été accueillis par des jets de bonbons, une insulte considérée comme particulièrement humiliante en Corée du Sud. L'avenir du capitaine emblématique Son Heung-min en sélection est désormais incertain, et de nombreux acteurs du football réclament une refonte en profondeur de la gouvernance sportive nationale.