Quatre jours après les puissants séismes qui ont dévasté le Venezuela, une histoire de survie émerge des décombres. Dayana Patino, une mère de famille, a été sortie vivante des ruines de son appartement, serrant contre elle son fils Juan David, âgé de seulement 18 jours. Depuis son lit d'hôpital dans la capitale Caracas, elle a livré un récit détaillé des longues heures passées sous les gravats, expliquant comment son nourrisson l'a maintenue en vie.

« Je sentais que tant qu'il était vivant, je le serais aussi. De temps en temps, je touchais son nez pour vérifier qu'il respirait encore », a-t-elle confié depuis la clinique où elle est soignée. Cette détermination, dit-elle, lui a donné la force de ne pas céder au désespoir.

Le moment de l'effondrement

Lorsque les secousses ont débuté, Dayana se trouvait dans son appartement du huitième étage, dans la région côtière de La Guaira, au nord du pays. Elle faisait la vaisselle quand le sol s'est mis à trembler. Pensant à une simple secousse légère, elle s'est précipitée pour prendre son fils unique dans ses bras. Mais le bâtiment s'est effondré presque immédiatement.

« J'ai eu l'impression de voler. Après cela, j'ai eu l'impression de m'enfoncer dans l'eau et la terre, puis je suis tombée dans le trou où je suis restée. Je ne sais pas comment je n'ai pas lâché mon bébé parce que je volais. J'ai été écrasée contre des meubles », a-t-elle décrit.

Coincée sous des tonnes de béton, sa jambe gauche prisonnière d'une dalle, elle a d'abord crié à l'aide, mais personne ne répondait. Comprenant que ses cris étaient inutiles, elle a choisi d'économiser ses forces pour le moment où elle entendrait des sauveteurs approcher. « Je me suis dit : je ne vais pas gaspiller mon énergie. Je crierai quand ce sera nécessaire, quand j'entendrai des voix ou des pas près de moi », a-t-elle expliqué.

La lumière dans les ténèbres

Dans l'obscurité totale, Dayana a trouvé un réconfort inattendu en sentant une bible sous elle. « Là a commencé mon voyage de survie », a-t-elle déclaré. Elle apercevait également un « point de lumière qui ressemblait à la lune » à travers les décombres, qui l'a guidée mentalement.

La délivrance est venue lorsque son frère a appelé son nom depuis la surface. « Je me suis dit, c'est ma seule chance. J'ai crié de toutes mes forces : Je suis ici ! Et il m'a répondu : Je t'ai trouvée, et je te promets que je ne partirai pas avant de t'avoir sortie de là », a raconté la jeune femme.

Une opération de sauvetage délicate a alors été mise en place, permettant d'extraire la mère et l'enfant des gravats jeudi soir. Dayana souffre de blessures aux deux jambes, tandis que son fils Juan David n'a subi que des blessures mineures. Le père, Gerson, a confié s'être « senti renaître » en apprenant que sa femme et son fils étaient vivants.

Un symbole d'espoir

La scène du sauvetage, filmée et largement diffusée, a fait du nourrisson un symbole d'espoir pour le Venezuela, où le bilan humain est terrible. Les séismes, survenus mercredi, ont fait au moins 1 450 morts, et des dizaines de milliers de personnes sont toujours portées disparues, selon les autorités. Le président par intérim a qualifié cette catastrophe de « plus brutale catastrophe naturelle » de l'histoire du pays.

Les équipes de secours poursuivent leurs recherches, mais les espoirs de retrouver d'autres survivants s'amenuisent avec le temps. L'histoire de Dayana et Juan David reste une lueur dans l'immense tragédie qui frappe la nation.