Kanye West pourra monter sur scène aux Pays-Bas. Le ministère néerlandais de l'Immigration a annoncé l'autorisation accordée à l'artiste américain de 48 ans de donner deux représentations à Arnhem, une commune située près de la frontière allemande. Les concerts sont programmés les 6 et 8 juin, la seconde date coïncidant avec le quarante-neuvième anniversaire du rappeur.
Cette décision intervient alors que le Parlement néerlandais s'était prononcé à une large majorité en faveur d'une interdiction de l'artiste sur le territoire. Le ministre de l'Asile et des Migrations, Bart van den Brink, a justifié le choix du gouvernement en expliquant que les analyses juridiques menées n'avaient pas mis en évidence de motifs suffisamment solides pour refuser l'entrée du musicien. « Il faut des raisons claires pour interdire l'accès à une personne. Nous ne les avons pas trouvées dans les examens qui ont été réalisés », a-t-il déclaré.
Un passé de propos polémiques
Kanye West, également connu sous le nom de Ye, a suscité à plusieurs reprises des controverses par des déclarations et des actes jugés antisémites. Il a affirmé publiquement son admiration pour Adolf Hitler et les Nazis, mis en doute la réalité historique de la Shoah, et commercialisé des articles ornés de croix gammées. L'an dernier, il avait sorti un titre musical dédié au dirigeant du Troisième Reich.
En janvier 2026, l'artiste a publié une pleine page dans le Wall Street Journal pour présenter ses excuses et rejeter son passé, affirmant « je ne suis pas un nazi ou un antisémite » et « j'aime le peuple juif ». Il a attribué ses agissements à une ancienne lésion cérébrale et à des problèmes de santé mentale, notamment un trouble bipolaire.
Des précédents en Europe
Cette volte-face n'a pas suffi à apaiser les inquiétudes dans plusieurs pays. Le Royaume-Uni a refusé l'entrée du rappeur en avril, le privant de sa participation à un festival qu'il devait y clôturer. Peu après, un concert en France a été reporté à la suite d'informations selon lesquelles le ministre de l'Intérieur français tentait de le bloquer. En Pologne, une représentation prévue le 19 juin a été annulée pour des « raisons formelles et juridiques » invoquées par la salle.
Vives réactions des organisations juives
Aux Pays-Bas, le Centre d'information et de documentation sur Israël (CIDI), une organisation de lutte contre l'antisémitisme, avait réclamé plus tôt dans l'année l'annulation du concert de West, estimant que ses actes ont une « portée historique » et qu'exprimer des regrets par la suite ne les efface pas. Après l'annonce officielle du feu vert gouvernemental, la directrice du CIDI, Naomi Mestrum, a fait part de son incompréhension. « Il est incompréhensible que les Pays-Bas soient incapables de tracer une ligne morale concernant la personne à qui l'on offre une scène et celle à qui on la refuse », a-t-elle déclaré.