Des frais d'inscription qui pourraient être quintuplés
Un rapport remis au gouvernement dans le cadre des assises du financement des universités, lancées en janvier dernier, propose une augmentation significative des droits d'inscription dans l'enseignement supérieur public. Selon les préconisations du document, les frais pourraient passer de 175 euros actuellement à 900 euros par an pour une licence, et de 250 euros à 1 300 euros pour un master, soit une multiplication par cinq environ. Pour certaines formations, le coût annuel pourrait atteindre 1 500 euros, notamment dans les masters les plus coûteux.
Ces hausses, si elles étaient appliquées, représenteraient un changement majeur dans le modèle de financement des universités françaises, historiquement fondé sur des droits d'inscription très faibles. Le rapport alerte sur la soutenabilité financière des établissements : « Si le modèle financier des universités n'évolue pas, il ne sera plus soutenable d'ici à 2030 », indique le texte.
Le ministre écarte tout changement immédiat
Interrogé sur ces propositions, le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a tenu à rassurer les étudiants. En conférence de presse, il a répété qu'il n'y aurait « pas de changement l'année prochaine », semblant vouloir prendre le temps de la réflexion avant d'éventuelles décisions. Cette déclaration n'a toutefois pas apaisé les craintes des syndicats étudiants, qui redoutent une mise en œuvre progressive de ces recommandations.
L'inquiétude monte chez les étudiants
Plusieurs organisations étudiantes ont rapidement réagi, dénonçant une mesure qui « fermerait les portes de l'université aux jeunes issus des milieux populaires ». Selon elles, une telle hausse des frais d'inscription risquerait de creuser les inégalités sociales et de remettre en cause le principe d'égalité d'accès à l'enseignement supérieur. Les syndicats estiment que l'augmentation des droits pourrait dissuader de nombreux bacheliers de poursuivre leurs études, notamment dans les filières longues comme le master.
Un débat politique qui s'annonce vif
Les assises du financement des universités, dont ce rapport constitue l'une des principales productions, ont pour objectif de trouver des solutions pérennes pour le budget des établissements, confrontés à des contraintes croissantes. Plusieurs pistes sont évoquées : hausse des frais d'inscription, augmentation des dotations de l'État, développement du mécénat ou encore recours accru à la formation continue. Le gouvernement devra trancher dans les prochains mois, mais le sujet s'annonce politiquement sensible, à l'approche de la rentrée universitaire.
En attendant, les syndicats étudiants appellent à une large mobilisation pour défendre le modèle actuel de l'université publique, qu'ils jugent menacé par ces propositions.