Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé que les forces armées de son pays ont traversé le fleuve Litani, dans le sud du Liban, et mènent des opérations militaires jusque dans la banlieue de Beyrouth et la vallée de la Bekaa. Dans une déclaration diffusée ce 29 mai 2026, il a qualifié cette avancée de « victoire tactique ».
Cette annonce intervient alors que M. Netanyahu a également ordonné à l'armée israélienne de prendre le contrôle de 70 % de la bande de Gaza, signe d'une intensification des opérations sur deux fronts. Le chef du gouvernement a fait savoir que le franchissement du Litani constitue une étape majeure dans la campagne menée contre le Hezbollah, sans toutefois fournir de détails sur l'ampleur des troupes engagées ni sur la profondeur de la pénétration.
Des témoignages et des images diffusées localement montrent des frappes de chasseurs israéliens visant un village du sud du Liban, tandis que des ordres d'évacuation ont été émis pour les habitants des zones désormais classées comme zones de combat. Les autorités israéliennes ont déclaré une nouvelle zone de combat dans le sud du pays, élargissant ainsi le périmètre des affrontements.
Implications régionales et réactions
Cette escalade militaire soulève des craintes d'un embrasement régional plus large. Le fleuve Litani, situé à environ 30 kilomètres de la frontière israélienne, constitue une ligne de démarcation importante dans le conflit israélo-libanais. La résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en 2006, stipule qu'aucune force armée autre que l'armée libanaise et la Finul ne doit être déployée au sud du Litani.
En affirmant que ses troupes ont franchi ce cours d'eau, M. Netanyahu place l'État hébreu en violation ouverte de cette résolution. Le gouvernement libanais n'a pas encore réagi officiellement, mais des sources politiques locales dénoncent une « agression flagrante ».
Parallèlement, les opérations israéliennes se sont étendues à la vallée de la Bekaa, bastion historique du Hezbollah, et à la périphérie de Beyrouth. Des raids aériens ont été signalés dans plusieurs localités, provoquant des déplacements de populations.
Contexte général
Cette nouvelle phase du conflit survient après des mois de tensions croissantes à la frontière nord d'Israël. Depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza en octobre 2023, le Hezbollah et Israël échangent des tirs quasi quotidiens, mais l'incursion au-delà du Litani marque un seuil inédit depuis le conflit de 2006.
M. Netanyahu a également évoqué une coordination avec les États-Unis, bien que la nature de cet appui reste floue. Le président américain, Donald Trump, était récemment engagé dans des discussions sur un accord avec l'Iran, principal soutien du Hezbollah, ce qui pourrait complexifier l'équilibre diplomatique.
Bilan humain et humanitaire
Les frappes israéliennes au Liban ont déjà fait des dizaines de morts et des centaines de blessés ces dernières semaines, et l'ordre d'évacuation concerne des milliers de civils. Les infrastructures civiles, notamment des écoles et des centres de santé, ont été touchées. Les organisations humanitaires peinent à accéder aux zones les plus exposées.
L'armée israélienne n'a pas communiqué le nombre de ses soldats engagés dans cette opération, ni les pertes éventuelles subies. Les autorités libanaises appellent la communauté internationale à intervenir pour faire cesser ce qu'elles considèrent comme une violation de leur souveraineté.
Cette escalade pourrait également avoir des répercussions sur les pourparlers de paix régionaux, déjà au point mort. La communauté internationale, par la voix de plusieurs chancelleries, a exprimé sa vive préoccupation et appelé à la retenue, mais aucune mesure concrète n'a été annoncée pour l'instant.