Les espoirs d'une issue diplomatique rapide au conflit entre les États-Unis et l'Iran se heurtent à des divergences persistantes. Donald Trump a convoqué une réunion de crise à la Maison-Blanche, le 29 mai, indiquant sur son réseau Truth Social qu'il s'apprêtait à prendre une « décision finale » sur un possible accord. Selon plusieurs sources concordantes, cette réunion, qui s'est tenue dans la Situation Room, n'a débouché sur aucune annonce et s'est achevée sans conclusion publique.
À l'approche de cette rencontre, le locataire de la Maison-Blanche avait énuméré ses exigences dans une série de messages. Il a notamment affirmé que l'Iran devait accepter de ne jamais posséder d'arme nucléaire, que le détroit d'Ormuz devait être « ouvert immédiatement » et que Téhéran devait procéder à son déminage. Il a également réclamé que le stock d'uranium hautement enrichi de la République islamique soit « détruit » et « déterré par les États-Unis en étroite coordination avec la République islamique d'Iran et l'Agence internationale de l'énergie atomique ». Le président américain a précisé qu'« il n'y aura aucun échange d'argent pour le moment ».
Téhéran dément tout accord final
Du côté iranien, le ton est radicalement différent. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré qu'« aucun accord final n'a encore été conclu » et a démenti toute discussion sur le dossier nucléaire à ce stade. Des sources iraniennes citées par l'agence Fars ont qualifié les déclarations de Donald Trump de « mélange de vérité et de mensonge », soulignant que les clauses concernant l'ouverture du détroit d'Ormuz et la destruction des matières nucléaires ne figurent pas dans le texte de l'accord discuté.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a évoqué dans un échange avec son homologue omanais « les demandes excessives ainsi que les positions changeantes et contradictoires » des États-Unis, estimant que la conclusion d'un accord dépendait d'un changement d'attitude de Washington. Le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf a renchéri sur X : « Nous ne nous fions ni aux promesses ni aux paroles, seuls les actes comptent. »
Un cessez-le-feu fragile et des combats au Liban
Le conflit, déclenché par une offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, se poursuit malgré une trêve entrée en vigueur le 8 avril. Les affrontements les plus violents depuis cette date ont eu lieu fin mai, et Israël a annoncé avoir franchi le fleuve Litani au Liban, étendant sa zone de combat contre le Hezbollah. Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a alerté sur les dégâts causés aux sites archéologiques et au patrimoine dans le sud du pays.
Sur le plan économique, les marchés financiers semblent parier sur un dénouement pacifique : les indices boursiers américains ont atteint des records et le prix du baril de brut est redescendu autour de 94 dollars. Cependant, la télévision d'État iranienne a prévenu que l'accélération du trafic dans le détroit d'Ormuz « ne signifie pas un retour à la situation d'avant-guerre », l'accès restant interdit aux navires des pays « hostiles ».
Des faucons républicains s'inquiètent
Les atermoiements diplomatiques suscitent également des critiques au sein du camp de Donald Trump. Le sénateur républicain du Mississippi, Roger Wicker, a jugé qu'un cessez-le-feu fondé sur la confiance dans la bonne foi de l'Iran serait « un désastre ». Son collègue de Caroline du Sud, Lindsey Graham, s'est interrogé : « Cela amène à se demander pourquoi la guerre a éclaté », redoutant que l'Iran ne soit perçu comme une puissance dominante.
Les négociations se poursuivent, mais aucun calendrier précis n'a été fixé pour une annonce formelle. La question nucléaire, pierre angulaire du conflit, reste le point d'achoppement principal entre les deux capitales.