Alors qu'une vague de chaleur touche le pays, les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) se mobilisent pour protéger leurs résidents, particulièrement vulnérables aux fortes températures. Les équipes soignantes redoublent d'attention pour prévenir les risques liés à la chaleur, un enjeu devenu central depuis la canicule meurtrière de 2003.
Des protocoles activés dès les premiers signes de chaleur
Dans les EHPAD, la mise en œuvre du plan canicule suit des procédures désormais bien rodées. À Paris, l'EHPAD Sara-Weill-Raynal, situé dans le 20e arrondissement, illustre ces adaptations. « On a la chance d’avoir un petit jardin en plein cœur de Paris. Avec les fortes chaleurs qu’on connaît depuis quelques jours, on aime bien y accompagner les résidents dès le matin », explique Emilie Thépault, directrice de l'établissement.
L'hydratation constitue la priorité absolue. Les personnes âgées perdant la sensation de soif, le personnel multiplie les distributions d'eau tout au long de la journée. Une résidente témoigne avec humour de cette vigilance constante : « Tout le temps ils sont en train de me dire 'vous ne buvez pas, vous ne buvez pas' même quand il fait -15 alors je bois, je bois, je bois. »
Des espaces climatisés devenus obligatoires
À l'intérieur, malgré l'utilisation de ventilateurs, le confort thermique reste un défi. Les équipes surveillent attentivement la température ambiante. Une infirmière précise : « Là on est à 21, ça va mais si jamais ça monte plus, on va les inviter à rester dans la salle commune qui est climatisée. »
Depuis la canicule de 2003, qui avait causé une surmortalité dramatique dans les maisons de retraite, la réglementation impose désormais à tous les EHPAD de disposer d'une « salle fraîcheur » climatisée. L'établissement parisien, qui accueille 94 résidents, met ainsi cet espace à leur disposition dès que les températures deviennent trop élevées.
Formation du personnel et vigilance accrue
Maxime Crosnier, adjoint à la maire de Paris chargé des seniors, souligne que « les personnels sont formés à ces vagues de chaleur extrême, qui en réalité se reproduisent chaque année ». Cette préparation permet aux équipes d'adopter les bons gestes : incitation à boire régulièrement, limitation des sorties aux heures les plus chaudes, maintien des volets fermés en journée, et surveillance accrue des résidents les plus fragiles.
Le protocole canicule, déjà opérationnel, intervient alors que l'été n'a pas officiellement débuté. Les EHPAD anticipent ainsi les épisodes de chaleur, forts des enseignements tirés des crises passées. Le dispositif vise à éviter une répétition des drames humains de 2003, où le manque de préparation et de moyens avait été lourdement sanctionné.
Cette mobilisation illustre la transformation des pratiques dans les établissements pour seniors, où la prévention des risques climatiques est désormais intégrée au fonctionnement quotidien, dès les premières alertes météorologiques.