OpenAI a soumis une proposition à l'administration Trump pour lui céder 5 % de ses parts, une initiative visant à réduire les pressions politiques exercées sur l'entreprise ces derniers mois, selon des informations concordantes. Cette participation serait évaluée à environ 42,6 milliards de dollars, sur la base de la récente valorisation de la start-up, qui a atteint 852 milliards de dollars après un tour de financement record.

Le directeur général d'OpenAI, Sam Altman, aurait défendu cette offre comme le moyen le plus approprié de partager les retombées économiques de l'intelligence artificielle avec le public américain. L'entreprise, qui développe des modèles de langage avancés comme GPT, cherche ainsi à répondre aux préoccupations des autorités fédérales concernant la concentration des bénéfices de l'IA entre les mains de quelques acteurs privés.

Une concession face aux critiques de Washington

Depuis plusieurs mois, OpenAI fait l'objet d'un examen accru de la part des responsables politiques et régulateurs américains, qui s'inquiètent des implications éthiques, sécuritaires et économiques de l'IA. L'administration Trump elle-même a récemment intensifié son attention sur le secteur, ce qui a poussé la start-up à chercher un compromis.

En offrant une part du capital à l'État fédéral, OpenAI espère non seulement dissiper les craintes d'une mainmise privée sur une technologie jugée stratégique, mais aussi s'assurer un soutien officiel dans ses projets futurs. La proposition intervient alors que l'entreprise a multiplié les levées de fonds massives auprès d'investisseurs privés, ce qui a alimenté le débat sur la nécessité d'une régulation plus stricte.

Une valorisation record en toile de fond

La valorisation d'OpenAI, qui a grimpé à 852 milliards de dollars après un financement record bouclé en mars 2026, place la participation de 5 % à un niveau inédit pour une start-up. Cette somme, équivalente à 42,6 milliards de dollars, serait l'une des plus importantes jamais proposées à un gouvernement dans le cadre d'une transaction de capital-risque.

Cette démarche pourrait toutefois susciter des interrogations sur les conditions de l'opération et sur l'influence que l'État pourrait exercer sur la gouvernance de l'entreprise. Les modalités précises de la participation, notamment en termes de droits de vote ou de représentation au conseil d'administration, n'ont pas été divulguées.

Un précédent dans le secteur technologique

OpenAI n'est pas la première entreprise technologique à envisager une ouverture de son capital à l'État. Des précédents existent dans des secteurs jugés critiques, comme la défense ou l'énergie, mais une telle proposition dans le domaine de l'IA est inédite par son ampleur et sa valorisation.

Cette offre pourrait également influencer d'autres acteurs de l'IA, comme Anthropic, qui pourraient être tentés de suivre une voie similaire pour gagner en légitimité politique. À ce stade, l'administration Trump n'a pas encore répondu officiellement à la proposition, les discussions étant toujours en cours.

Des implications pour la régulation de l'IA

Au-delà de l'aspect financier, cette proposition soulève des enjeux plus larges sur la place de l'État dans l'encadrement de l'intelligence artificielle. Si elle aboutit, elle pourrait créer un précédent pour une participation publique directe dans des entreprises innovantes, remodelant les relations entre le secteur privé et les autorités.

Les experts observent que cette initiative pourrait aussi servir à OpenAI de bouclier contre d'éventuelles mesures réglementaires plus contraignantes. En intégrant l'État comme actionnaire, l'entreprise se positionnerait comme un partenaire plutôt qu'un adversaire dans le débat sur l'avenir de l'IA.