Censée redémarrer rapidement après la réouverture du détroit d'Ormuz, la production de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar peine à retrouver son rythme d'avant-crise. Les espoirs initiaux d'un retour à la normale en l'espace de quelques semaines se heurtent à des obstacles logistiques et à une reprise plus lente que prévu des flux d'exportation, plongeant les acheteurs internationaux dans l'incertitude.

Un plan de relance ambitieux

À la mi-juin, alors que la perspective d'une réouverture du détroit d'Ormuz se précisait, les autorités qataries avaient dévoilé leur intention de restaurer la plus grande partie de leur capacité d'exportation de GNL dans un délai très court. Ce plan reposait sur le déminage accéléré de la voie maritime stratégique, condition sine qua non à la reprise du transit des méthaniers. Doha avait alors entrepris de rappeler ses navires stationnés à l'étranger, amorçant un mouvement logistique de grande ampleur.

Les premiers signes de reprise se heurtent à des goulots d'étranglement

Dans les jours qui ont suivi l'annonce, un premier méthanier vide a traversé le détroit d'Ormuz pour la première fois depuis le début du conflit régional, suivi de plusieurs autres. Ces navires, une fois arrivés au large du Qatar, étaient destinés à être chargés de GNL. Cependant, le mouvement de rapatriement a rapidement créé un embouteillage maritime : des dizaines de tankers vides se sont massés au large des terminaux qataris, dans l'attente d'un chargement.

Des exportations encore timides

Si les volumes d'exportation ont effectivement augmenté progressivement, le rythme reste jugé insuffisant par les observateurs du marché. La capacité de production, bien que partiellement rétablie, n'a pas retrouvé son niveau d'avant-crise. Les autorités qataries ont reconnu la complexité de la remise en service des installations, qui avaient été mises à l'arrêt ou réduites pendant plusieurs semaines.

Le facteur diplomatique : une ligne directe entre Washington et Téhéran

La réouverture du détroit d'Ormuz elle-même n'a pu avoir lieu sans une coordination diplomatique étroite. Doha a souligné à plusieurs reprises la nécessité d'une ligne de communication directe entre les États-Unis et l'Iran pour garantir la sécurité du passage maritime. Cette médiation, menée notamment par le Qatar, a été un élément clé pour obtenir la levée des restrictions et permettre aux navires de circuler à nouveau.

Des acheteurs confrontés à une incertitude prolongée

Pour les clients asiatiques et européens du Qatar, cette reprise en demi-teinte est une mauvaise nouvelle. Les contrats à long terme et les achats spot sont perturbés depuis plusieurs mois, et les perspectives d'un retour à un approvisionnement normal restent floues. Plusieurs traders rapportent que les cargaisons attendues sont retardées, ce qui maintient une pression haussière sur les prix du GNL sur les marchés mondiaux.

Un calendrier de redressement toujours flou

Alors que le mois de juillet commence, aucun calendrier précis n'a été communiqué par les autorités qataries sur une date de retour à la pleine capacité. Les analystes estiment que plusieurs semaines, voire mois, pourraient être nécessaires pour résorber l'arriéré de navires en attente et stabiliser la production. La situation demeure donc critique pour un marché mondial du gaz déjà sous tension.