Pékin a annoncé de nouvelles mesures de contrôle des exportations visant plusieurs dizaines d'entités japonaises, durcissant encore la régulation des échanges commerciaux dans un contexte de tensions bilatérales croissantes.

Le ministère chinois du Commerce a officiellement inscrit vingt organisations sur la liste des entités interdites de recevoir des biens à double usage, c'est-à-dire susceptibles d'avoir des applications militaires. Cette décision, rendue publique lundi, s'ajoute à une première vague de restrictions adoptée en février dernier contre vingt autres structures nippones.

Parmi les entités désormais blacklistées figurent des instituts de recherche dépendant de l'État, comme l'Institut national d'études de défense, le Centre de recherche des systèmes navals et le Centre de recherche des systèmes terrestres, ainsi que des entreprises privées telles que Mitsubishi Precision, MHI Logitech et Kawajyu Gifu Manufacturing.

Parallèlement, vingt autres organisations – dont Mitsui E&S, Terra Drone et Hitachi Advanced Systems – ont été placées sur une liste de surveillance. Ces dernières devront désormais fournir une évaluation des risques et une garantie écrite attestant que leurs exportations ne contribueront pas aux capacités militaires japonaises.

Un porte-parole du ministère chinois du Commerce a justifié ces mesures en affirmant qu'elles sont « entièrement légitimes, raisonnables et conformes à la loi » et ne devraient pas affecter les échanges économiques et commerciaux normaux entre la Chine et le Japon. Il a toutefois déploré que « depuis un certain temps, le Japon n'a montré aucun remords ; au contraire, il s'est engagé plus avant sur la mauvaise voie, accélérant sa poussée vers un « nouveau militarisme », accélérant sa « remilitarisation », déployant des armes offensives et lançant des missiles offensifs à l'étranger ».

De son côté, le secrétaire général du cabinet japonais, Minoru Kihara, a exhorté Pékin à revenir sur ces décisions, qualifiant ces mesures d'« inacceptables ».

Les relations entre les deux voisins asiatiques, longtemps marquées par des contentieux historiques et territoriaux, se sont nettement détériorées à la fin de l'année dernière. La première ministre japonaise, Sanae Takaichi, avait alors évoqué la possibilité d'une intervention militaire nippone en cas de tentative chinoise de prendre le contrôle de Taïwan. Ces déclarations avaient provoqué la colère de Pékin, qui considère l'île comme une partie intégrante de son territoire devant être « réunifiée » avec la Chine continentale.

Cet élargissement des restrictions commerciales intervient dans un contexte où Takaichi a fait de la défense nationale l'une des priorités de son administration, accentuant les craintes chinoises d'un réarmement japonais.