Marion Maréchal, figure historique de l’extrême droite française et ancienne députée, a estimé que Marine Le Pen est « prête » à devenir présidente de la République en 2027, selon des déclarations rapportées ces derniers jours. Cette prise de position intervient alors que le Rassemblement national (RN) observe une dynamique électorale favorable dans les sondages, tout en attendant le verdict de l’appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens.

Le parti d’extrême droite caracole en tête des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle, avec un score compris entre 31 % et 36 % selon plusieurs enquêtes d’opinion. Marine Le Pen, qui a conduit le RN à deux reprises au second tour en 2017 et 2022, fait face à une condamnation en première instance pour détournement de fonds publics européens prononcée en mars 2025, assortie d’une peine d’inéligibilité de cinq ans. La candidate a fait appel et la décision de la cour d’appel est attendue pour le 7 juillet 2026.

Un soutien familial en période d’attente

En affirmant que Marine Le Pen est « prête » pour l’Élysée, Marion Maréchal apporte un appui public à sa tante à un moment clé de la séquence politique. La cheffe de file du RN se trouve dans l’obligation d’attendre le jugement en appel pour savoir si elle pourra se présenter. Selon des sources concordantes, les procureurs ont requis, lors de l’audience d’appel, une confirmation de la peine d’inéligibilité, ce qui pourrait anéantir ses espoirs présidentiels.

Marion Maréchal, qui a quitté la vie politique active après son échec aux élections européennes de 2024, conserve une influence certaine dans les cercles conservateurs et identitaires. Son jugement favorable sur les capacités de Marine Le Pen à gouverner le pays vise à rassurer les électeurs sur la crédibilité de la candidate, souvent critiquée pour son manque d’expérience gouvernementale.

Une candidature suspendue à la justice

Le RN n’a pas encore désigné officiellement son candidat pour 2027. Si Marine Le Pen devait être définitivement écartée, le parti pourrait se tourner vers Jordan Bardella, 30 ans, qui préside le RN depuis 2022 et incarne un renouveau générationnel. Toutefois, des observateurs s’interrogent sur la capacité du jeune dirigeant à s’imposer face aux autres prétendants.

La situation place le parti dans une position délicate : d’un côté, les sondages le montrent en position de force pour le premier tour, porté par le rejet de l’exécutif actuel et une percée dans l’électorat populaire ; de l’autre, l’issue judiciaire pourrait contraindre les instances à trouver un plan B dans un calendrier resserré. Le verdict du 7 juillet sera donc scruté avec attention.

Un contexte marqué par l’affaiblissement de la majorité

La perspective d’une victoire du RN est renforcée par la faiblesse politique actuelle du camp présidentiel. Emmanuel Macron, dont le second mandat s’achève en 2027, ne peut se représenter. La majorité sortante est affaiblie par des divisions internes et une perte de vitesse dans l’opinion. Dans ce paysage, l’extrême droite apparaît comme la principale force d’opposition.

Marine Le Pen, de son côté, mène depuis des années un travail de normalisation de son image et de son parti, rompant avec les outrances de son père Jean-Marie Le Pen. Elle a recentré son discours sur le pouvoir d’achat, la sécurité et l’identité nationale, thèmes porteurs dans une société française en proie à des inquiétudes économiques et sociales.

Les réactions dans le camp présidentiel

Les déclarations de Marion Maréchal n’ont pas manqué de susciter des réactions du côté de la majorité. Plusieurs responsables ont rappelé que la condamnation en première instance de Marine Le Pen pour des faits d’une « particulière gravité » selon les termes du tribunal, ne devait pas être minimisée. Ils appellent à ne pas considérer la candidate comme inéligible tant que la justice n’a pas statué définitivement, mais soulignent que le RN ne peut faire l’économie d’une clarification.

Marine Le Pen continue de clamer son innocence et dénonce une instrumentalisation politique de la justice. Ses avocats ont plaidé lors de l’audience d’appel pour l’annulation de la peine d’inéligibilité, arguant que la décision de première instance était disproportionnée.

L’avenir du RN après le 7 juillet

La date du 7 juillet 2026 s’impose désormais comme une échéance politique majeure. Si Marine Le Pen obtient la levée de l’inéligibilité, elle pourra se lancer dans la campagne présidentielle en position de favorite, avec le soutien affirmé de sa famille politique. Dans le cas contraire, la succession s’ouvrirait, et le nom de Jordan Bardella circule avec insistance comme successeur potentiel.

Marion Maréchal, en jugeant sa tante « prête », renforce l’idée d’une candidature naturelle et légitime. Mais le sort de Marine Le Pen repose désormais entre les mains des magistrats de la cour d’appel, dont la décision scellera l’avenir de la présidentielle de 2027.