Un raz-de-marée impossible à endiguer
Alors que les thermomètres flirtent durablement avec les 35 °C sur une grande partie du continent, un appareil de rafraîchissement s’est imposé comme le Graal des consommateurs européens : le Midea PortaSplit. Ce climatiseur mobile à split, qui conjugue la compacité d’un modèle monocaisse avec l’efficacité d’un système bi-bloc, a littéralement disparu des rayons. Boutiques spécialisées, grandes surfaces d’électronique et places de marché en ligne affichent toutes la même mention : « rupture de stock ». Les quelques exemplaires encore disponibles sont parfois proposés à plus de 1 500 euros, soit le double du prix de lancement.
Le phénomène ne doit rien au hasard. Conçu pour répondre aux contraintes des logements sans installation fixe, le PortaSplit associe une unité intérieure silencieuse à un compresseur extérieur relié par un flexible. Cette architecture, plus performante que celle des climatiseurs mobiles classiques, explique en grande partie l’engouement. Mais elle a aussi pris de court les capacités logistiques du fabricant chinois.
Midea accélère sa production et expédie en urgence
Face à une demande qui a dépassé toutes les prévisions, Midea a annoncé une mesure exceptionnelle : intensifier sa production et réorganiser ses flux logistiques pour acheminer des appareils vers l’Europe dans les plus brefs délais. Selon les informations communiquées par le groupe, des expéditions dites « d’urgence » ont été programmées afin de réduire le délai d’attente pour les consommateurs.
Le distributeur officiel en France a lui-même reconnu que le produit était « victime de son succès ». Dans une déclaration à la suite de l’épuisement des premiers lots, il a indiqué travailler avec le constructeur pour sécuriser de nouveaux volumes. Les listes d’attente se sont allongées chez plusieurs revendeurs, tandis que les dates de réapprovisionnement restent flottantes, parfois repoussées de plusieurs semaines.
Un marché noir et des arnaques en ligne
Cette pénurie a créé un terreau fertile pour les pratiques spéculatives. Des annonces fleurissent sur les plateformes d’achat-revente, où le PortaSplit est proposé à des tarifs atteignant 1 500 euros, voire davantage. Parallèlement, des offres frauduleuses ont été repérées sur certains espaces publicitaires de moteurs de recherche. Ces fausses boutiques, qui promettent une livraison rapide, cherchent à capter les paiements des internautes sans jamais honorer les commandes. Les autorités et les associations de consommateurs appellent à la plus grande prudence face à ces annonces trop alléchantes.
Comment espérer obtenir un PortaSplit ?
Pour les acheteurs déterminés, plusieurs pistes existent, sans garantie toutefois. S’inscrire sur les listes d’attente des distributeurs agréés reste la méthode la plus sûre. Certains sites proposent également des alertes de disponibilité par courriel. Il est conseillé d’éviter les transactions sur les places de marché non officielles, où les risques de surcoût ou d’escroquerie sont élevés. Enfin, quelques revendeurs permettent de précommander l’appareil à son prix normal, avec une livraison différée.
Des signaux de retour en stock, mais une incertitude persistante
Midea a confirmé que des lots étaient en cours d’acheminement vers le marché européen. Le retour en stock devrait s’effectuer progressivement, mais sans calendrier précis. Certains observateurs notent que la prochaine vague de chaleur, imminente, risque de raviver la tension sur l’offre. En attendant, les consommateurs sont invités à faire preuve de patience et de vigilance.
Le PortaSplit illustre ainsi un paradoxe contemporain : jamais un climatiseur mobile n’avait suscité un tel désir, et jamais il n’avait été aussi difficile à acquérir.