Peter Thiel, figure emblématique de la Silicon Valley et cofondateur de PayPal, a quitté les États-Unis pour s’installer en Argentine. L’homme d’affaires, connu pour ses positions libertaires et son soutien aux cryptomonnaies, a transféré sa famille à Buenos Aires, séduit par les réformes radicales engagées par le chef de l’État argentin, Javier Milei.
Selon des proches du milliardaire, son départ des États-Unis ne relève pas tant d’une fuite que d’un choix délibéré en faveur d’un environnement politique plus conforme à ses convictions. Thiel aurait exprimé son admiration pour la politique de dérégulation massive et de réduction de l’État menée par Milei, qu’il perçoit comme une expérience grandeur nature du libertarisme.
Un décor idéologique sur mesure
L’Argentine de Javier Milei, élu fin 2023 sur un programme de rupture avec l’establishment politique traditionnel, met en œuvre une thérapie de choc économique. Le gouvernement a drastiquement réduit les dépenses publiques, supprimé des ministères, aboli le contrôle des changes et lancé une vaste privatisation des entreprises d’État. Ces mesures, bien que contestées sur le plan social en raison de la hausse de la pauvreté, attirent l’attention de certains cercles libertaires internationaux.
Pour Peter Thiel, qui a longtemps critiqué ce qu’il considère comme un « déclin » des États-Unis vers un État-providence jugé excessif, l’Argentine offre un laboratoire politique unique. Thiel est un donateur connu de causes conservatrices et libertaires aux États-Unis, et son installation en Argentine pourrait être perçue comme un signal fort adressé à ses pairs de la Silicon Valley.
Un exil qui interroge la tech américaine
Le déménagement de Thiel n’est pas sans rappeler d’autres départs de figures de la tech américaine vers des juridictions plus clémentes fiscalement ou réglementairement, comme celui d’Elon Musk au Texas. Cependant, le choix de l’Argentine, un pays historiquement instable économiquement, surprend. Il témoigne d’une conviction idéologique profonde plutôt que d’une simple optimisation fiscale.
Thiel, qui conserve la nationalité allemande via sa mère, n’a pas renoncé à la citoyenneté américaine, mais son départ physique de la côte Ouest des États-Unis marque une rupture symbolique. Il rejoint ainsi une petite communauté d’expatriés fortunés attirés par les promesses de Milei de faire de l’Argentine un « havre de liberté ».
Des zones d’ombre persistent
Bien que l’installation de Thiel soit confirmée par plusieurs sources proches du dossier, les modalités exactes de son installation et la durée de son séjour demeurent imprécises. Certains observateurs s’interrogent sur la viabilité à long terme de l’expérience Milei, et donc sur l’ancrage réel du milliardaire dans le pays. Thiel n’a pas fait de déclaration publique officielle pour commenter son déménagement, laissant planer un certain mystère sur ses intentions exactes en terre argentine.