Le président de la République, Emmanuel Macron, accueille ce lundi au palais de l’Élysée le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, pour une visite de deux jours à Paris. Il s’agit du premier déplacement en France d’un souverain omanais, une rencontre dont l’enjeu principal est la sécurisation et la réouverture du détroit d’Ormuz.
Selon un communiqué publié vendredi par la présidence française, les échanges porteront sur « le soutien à la désescalade régionale » et sur la « sécurisation des voies maritimes, qui passe par un passage libre et sans condition dans le détroit d’Ormuz ». Le sultan d’Oman doit défendre une réouverture « libre et sans condition » de ce couloir maritime stratégique, large d’une trentaine de kilomètres, situé entre la péninsule arabique et l’Iran.
Un passage vital pour l’économie mondiale Avant le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran en février dernier, environ 20 % du commerce mondial des hydrocarbures transitait par ce détroit. Sa fermeture, effective depuis plusieurs mois, a provoqué des perturbations majeures sur les marchés énergétiques mondiaux. L’accord conclu à la mi-juin entre Téhéran et Washington pour cesser les hostilités a ouvert la voie à des discussions sur la reprise du trafic, mais des divergences persistent. L’Iran envisagerait d’instaurer des « droits de redevance » pour le passage, une mesure inédite à laquelle les États-Unis s’opposent fermement.
Le rôle médiateur d’Oman Oman, pays riverain du détroit et traditionnellement neutre dans les conflits régionaux, s’est imposé comme un intermédiaire diplomatique de premier plan. Le sultan Haïtham ben Tariq, arrivé au pouvoir en 2020, poursuit la politique d’équilibre de son prédécesseur. Sa visite à Paris illustre la volonté de Mascate de jouer les facilitateurs entre les parties, tout en défendant ses intérêts économiques et maritimes.
Une coalition maritime en gestation La France et le Royaume-Uni ont proposé la constitution d’une coalition de pays non belligérants chargée d’une mission de sécurisation et de déminage dans le détroit d’Ormuz. Lors du sommet du G7 à Évian, Emmanuel Macron avait précisé que cette initiative restait conditionnée « aux accords passés entre l’Iran et les États-Unis d’Amérique, avec l’accord aussi d’Oman ». Le président américain Donald Trump n’a manifesté qu’un intérêt limité en public, mais les capacités de déminage de la coalition ont retenu son attention en marge du G7, selon une source diplomatique.
Au programme de la visite Les deux dirigeants doivent s’entretenir à la mi-journée à l’Élysée, où plusieurs accords bilatéraux seront signés. Dans l’après-midi, ils participeront à l’ouverture d’un forum d’affaires dans un hôtel parisien, soulignant la dimension économique de la relation franco-omanaise. Cette visite intervient dans un contexte de tensions persistantes, l’Iran ayant récemment mis en garde contre toute ingérence étrangère dans la gestion du détroit, risquant selon Téhéran « d’accroître les tensions ».