Londres accueille une adaptation théâtrale du film d'horreur iranien « Under the Shadow »
Le théâtre londonien Almeida accueille l'adaptation scénique du film d'horreur iranien « Under the Shadow », initialement réalisé par Babak Anvari en 2016. La pièce, écrite par Carmen Nasr et mise en scène par Nadia Latif, transpose en anglais l'histoire d'une mère et de sa fille terrées dans leur appartement ténéranais en 1988, sous les bombardements de la guerre Iran-Irak. Mais le véritable monstre n'est peut-être pas celui des missiles : un djinn, créature surnaturelle issue des croyances populaires du Moyen-Orient, hante les murs et les esprits.
Le djinn, métaphore du mal et de l'injustice
Nadia Latif, qui a grandi avec les récits de sa grand-mère sur les djinn, explique la portée de cette figure : « Si les anges sont bons et les démons mauvais, alors le djinn est quelque chose entre les deux. Cela signifie que de mauvaises choses arrivent à des gens bien. » Pour les répétitions, la metteuse en scène a placé un œil protecteur contre le mauvais œil dans la salle, « au cas où », dit-elle.
Un film primé aux Bafta, porté à la scène
Le long-métrage original, tourné en persan, avait été récompensé par un BAFTA du meilleur premier film. L'adaptation théâtrale, jouée en anglais, conserve la tension politique et psychologique de l'œuvre. L'histoire suit Shideh (interprétée au cinéma par Narges Rashidi), une mère qui tente de protéger sa fille dans un immeuble vide, tandis que la guerre et le surnaturel se mêlent jusqu'à l'insoutenable.
Un contexte politique qui résonne avec l'actualité
La pièce arrive dans un contexte où l'Iran est à nouveau sous pression internationale. L'œuvre, qui mêle horreur intime et critique sociale, fait écho aux débats contemporains sur la liberté, la censure et la violence d'État. Le djinn, être de l'entre-deux, devient une allégorie de la terreur diffuse qui imprègne la vie quotidienne dans un pays sous régime autoritaire.
Informations pratiques
La pièce est présentée au Almeida Theatre de Londres. Les dates de représentation ne sont pas précisées dans les sources consultées.