Alors que la Coupe du monde bat son plein, un commerce aux allures de débrouille prend une ampleur inattendue dans les environs des stades. À Boston, ville hôte d’un match de la compétition, des habitants transforment leur propriété en parking provisoire et en tirent des sommes parfois spectaculaires.
Jusqu’à 100 dollars pour une place
Devant l’afflux de visiteurs venus assister aux rencontres, l’offre de stationnement officielle ne suffit pas. Des riverains, souvent situés à quelques minutes à pied de l’enceinte sportive, proposent alors leur allée, leur jardin ou tout espace libre. Les tarifs atteignent des niveaux élevés : une place peut se négocier 100 dollars, comme l’ont constaté des supporters présents sur place. Ce montant, bien supérieur aux parkings publics, est justifié par la proximité immédiate du stade et la rareté des places disponibles.
Ce phénomène n’est pas nouveau lors des grands événements sportifs, mais il prend une dimension particulière avec l’engouement populaire pour la Coupe du monde. Le match opposant la France au Maroc a notamment attiré une foule nombreuse, rendant le stationnement particulièrement difficile dans le quartier.
Un business lucratif et improvisé
Pour certains propriétaires, l’opportunité est trop belle pour être ignorée. Ils consacrent leur week-end à accueillir des véhicules, moyennant un paiement en espèces ou via des applications mobiles. Selon des témoignages de résidents, les gains peuvent représenter plusieurs centaines de dollars sur une seule journée de match. Un habitant interrogé a indiqué avoir loué sa place de parking pour 100 dollars, sans avoir à fournir de service supplémentaire. Cette activité, bien que non réglementée, est tolérée par les autorités locales dans la plupart des cas, à condition de ne pas gêner la circulation ou la sécurité.
« C’est 100 dollars pour se garer, mais franchement, c’est moins cher qu’une amende ou que de chercher pendant une heure », confie un supporter venu encourager son équipe. De l’autre côté, un riverain explique : « Je ne fais pas cela tous les jours, mais pour l’occasion, je gagne autant que ce que je touche en une semaine de travail. »
Un marché qui dépasse le simple parking
Au-delà de la simple location d’un emplacement, certains propriétaires proposent même des services annexes comme un lavage de voiture ou une boisson fraîche. Dans les rues avoisinantes, des panneaux faits main fleurissent : « Parking 100 dollars », « Place libre – 80 dollars ». Les prix varient selon l’éloignement et l’heure d’arrivée.
Cette pratique soulève des interrogations sur l’équité d’accès aux infrastructures sportives. Alors que les places officielles sont souvent réservées et coûteuses, ces offres informelles permettent à des supporters de dernière minute de trouver une solution, mais à un coût élevé. Les autorités locales n’ont pas, à ce stade, pris de mesures pour encadrer cette activité, laissant le marché s’autoréguler.
Un exemple appelé à se répéter
Boston n’est qu’un exemple parmi d’autres : à chaque grande compétition, le même schéma se reproduit autour des stades du monde entier. La Coupe du monde, avec ses affluences records, amplifie le phénomène. Les prochains matchs dans d’autres villes pourraient connaître des situations similaires. Pour les riverains, c’est une manne financière temporaire ; pour les supporters, une dépense supplémentaire à intégrer dans leur budget.
En attendant, les allées privées de Boston continuent de se transformer en parkings improvisés, témoignant de la capacité des habitants à tirer profit d’un événement planétaire.