Les propos tenus par le chef du gouvernement israélien au sujet d'une prétendue demande d'annexion émanant de villages chrétiens libanais suscitent une vive opposition sur le terrain. Les responsables municipaux et religieux de ces localités démentent formellement toute velléité de quitter le giron libanais.
Dans une déclaration collective, les maires et curés d'une dizaine de bourgades du caza de Bint Jbeil, dans le Sud-Liban, ont exprimé leur attachement indéfectible au Liban. « Nous voulons rester libanais », ont-ils martelé, rejetant ce qu'ils qualifient de « tentatives de diviser les communautés ».
Des affirmations jugées infondées
Les villages concernés, parmi lesquels Rmeich, Debel, Qaouzah, Yarine, Marwahin, Aïnata et Alma al-Chaab, figurent parmi les rares localités chrétiennes encore habitées dans cette région frontalière. Leurs représentants estiment que les déclarations du Premier ministre israélien visent à exploiter les tensions confessionnelles existantes au Liban pour servir des objectifs politiques étrangers.
Le père Toufic Bou Mehri, curé de Rmeich, a notamment déclaré : « On raconte des mensonges sur notre compte. Nous sommes Libanais, chrétiens, et nous refusons toute ingérence dans nos affaires. » Même son de cloche du côté du maire de Debel, qui a affirmé que jamais une quelconque demande d'annexion n'avait été formulée par les habitants.
Des précédents historiques controversés
Cette controverse survient dans un contexte régional tendu, où les relations entre Israël et le Liban restent marquées par des contentieux territoriaux, notamment autour des fermes de Chebaa. Par le passé, certains responsables israéliens ont évoqué la possibilité de protéger les minorités chrétiennes du Sud-Liban, suscitant la méfiance des autorités libanaises.
En réaction aux allégations de Benyamin Netanyahou, plusieurs responsables politiques libanais ont également pris la parole. Le ministre libanais des Affaires étrangères a dénoncé une « ingérence inacceptable dans la souveraineté du Liban », tandis que le patriarche maronite a appelé à l'unité nationale face à ce qu'il considère comme une manœuvre de déstabilisation.
Un rejet unanime de la population
Dans les rues de Rmeich, les habitants interrogés affichent leur incompréhension. « Nous avons assez souffert des guerres. Personne ici ne veut changer de nationalité », explique un commerçant. Une enseignante renchérit : « L'identité libanaise est notre seule appartenance, quelles que soient les difficultés. »
Les autorités civiles et religieuses locales ont annoncé qu'elles envisagent de saisir les instances internationales pour faire taire ce qu'elles nomment des « allégations mensongères ». Une réunion de coordination est prévue dans les prochains jours entre les maires des villages chrétiens et le gouvernorat de Nabatieh afin d'adopter une position commune.