Benjamin Netanyahu a soutenu, dimanche 5 juillet, que plusieurs villages chrétiens situés dans le sud du Liban auraient sollicité leur annexion par Israël. Lors d’un entretien télévisé diffusé aux États-Unis, le Premier ministre israélien a justifié cette requête par la volonté des habitants de ces localités d’échapper aux exactions du Hezbollah, la formation armée pro-iranienne.
« Au Liban, certains villages chrétiens ont même demandé à être annexés à Israël, parce que nous les protégeons contre les fanatiques du Hezbollah qui veulent les tuer », a-t-il déclaré dans l’émission « The Sunday Briefing ». Il a ajouté que son pays agissait de la même manière en faveur des chrétiens partout où ils se trouvent. Aucun nom de village n’a toutefois été communiqué pour étayer ces propos.
Contexte de guerre et occupation
Le Liban a été entraîné dans le conflit régional le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé des roquettes sur le territoire israélien en riposte à des frappes américano-israéliennes ayant visé l’Iran. Israël a répliqué par des bombardements intenses et une invasion terrestre du sud du Liban, occupant désormais une bande de terrain le long de la frontière.
Depuis le déclenchement des hostilités, plusieurs localités à majorité chrétienne ont subi des tirs d’artillerie et des raids aériens israéliens, provoquant des dégâts matériels et le déplacement de populations. Malgré les ordres d’évacuation émis par l’armée israélienne, la plupart de ces villages sont restés habités, leurs résidents ayant choisi de demeurer pour protéger leurs foyers, leurs églises et leurs terres agricoles. Durant le conflit, les forces israéliennes avaient averti plusieurs municipalités chrétiennes, par téléphone auprès des maires, de ne pas héberger ou laisser entrer des « étrangers », une désignation visant les combattants du Hezbollah.
Position israélienne sur le maintien des troupes
Lors d’une cérémonie officielle tenue le même jour, Benjamin Netanyahu a réaffirmé que l’armée resterait déployée dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire afin de protéger les habitants du nord et l’ensemble des citoyens d’Israël ». Le chef d’état-major israélien, le général Eyal Zamir, a pour sa part visité des troupes stationnées près du château de Beaufort, dans le sud libanais, promettant de « continuer à opérer avec détermination pour éliminer les menaces provenant du territoire libanais ».
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes. Le président libanais Joseph Aoun avait précédemment affirmé que son pays ne céderait « pas un pouce de son territoire », tandis que des discussions sur un éventuel cessez-le-feu, parrainées par les États-Unis, n’ont pas abouti à un accord définitif. Le Hezbollah, de son côté, a rejeté les termes d’un projet d’entente présenté par Netanyahu plus tôt dans le mois.
L’affirmation du chef du gouvernement israélien selon laquelle des villages chrétiens souhaiteraient être annexés n’a reçu, à ce stade, aucune confirmation indépendante ni commentaire officiel de la part des autorités libanaises ou des représentants de ces localités.