Le trio rock britannique Muse a lancé ce vendredi son dixième album, intitulé « The Wow! Signal ». Plus de trente ans après ses débuts, la formation emmenée par Matthew Bellamy (chant, guitare, piano) propose un opus qui puise dans son ADN électrique tout en explorant les mystères de l’univers.

Avec plus de 30 millions d’albums vendus dans le monde et deux Grammy Awards du meilleur album rock (pour « The Resistance » en 2009 et « Drones » en 2015), Muse renoue ici avec le son pop-rock flamboyant qui avait fait le succès de « Black Holes and Revelations » (2006). L’album se veut moins politique que son prédécesseur « Will of the People » (2022), et revendique une énergie brute, parfois proche du métal, servie par des riffs de guitare déchaînés, des orgues habités et des synthés aux accents interstellaires.

Un signal extraterrestre comme fil conducteur

Le titre de l’album fait référence au fameux signal radio capté en 1977 par le radiotélescope Big Ear de l’université d’État de l’Ohio. L’astronome Jerry R. Ehman, stupéfait par l’intensité du signal, avait alors écrit « Wow ! » sur le rapport, donnant son nom à ce phénomène. Muse s’empare de cette énigme pour bâtir un récit cosmique où il est question de « lancer une impulsion dans l’abîme, tendre la main aux solitaires ».

Dès le morceau d’ouverture, « The Dark Forest » – référence à la théorie de la « forêt sombre », selon laquelle les civilisations intelligentes se cachent par crainte d’être anéanties – l’album démarre sur les chapeaux de roues. Une cavalcade cinématographique mêlant électro, sonorités opératiques à la Queen et rock puissant donne le ton du voyage.

Un road trip spatial en douze titres

« Nightshift Superstar », qui a déjà servi d’habillage sonore pour les matchs de la Coupe du Monde 2026 diffusés sur M6, confirme la direction electro-rock, tandis que « Shimmering Scars » offre une pause plus mélancolique. Cette ballade au piano, portée par la plainte de Matthew Bellamy (« you took the sun away… »), se transforme progressivement en un titre pop-rock accrocheur aux guitares tendues, évoquant un ciel étoilé déchiré par les cordes.

Parmi les autres morceaux marquants, « Be With You » déroule un orgue puissant et une poussée électro avant une mise en orbite pop-rock. « Hexagons » affiche une ouverture grandiose, taillée pour les stades. Les amateurs de son plus lourd trouveront leur compte dans « Cryogen », « The Sickness in You GI » et « Unravelling », trois titres résolument rock.

Ellie Goulding en invitée de marque

La pépite pop de l’album est sans doute « Hush », un duo avec la chanteuse britannique Ellie Goulding. Le morceau, qui invite à « oublier le monde ensemble, étouffer le bruit pour toujours », débute sur une base rock avant de se muer en pop-dance venue d’ailleurs, pour finir en électro-rock rugueux.

Avec « The Wow! Signal », Muse signe un album à la fois épique et accessible, fidèle à sa réputation de groupe de rock spatial. Le disque est disponible depuis ce vendredi 26 juin sur toutes les plateformes.