Le président des États-Unis a mis fin aux fonctions des quatre membres de l'Election Assistance Commission (EAC), une instance fédérale chargée d'assister les États dans l'administration des élections et de fixer des normes pour les machines de vote. Cette décision, annoncée le 9 juillet 2026, prive l'agence de tout commissaire et intervient alors que les élections de mi-mandat approchent.
Ccréée en 2002 par la loi Help America Vote Act à la suite des controverses sur le recomptage en Floride, l'EAC a pour mission de distribuer des fonds fédéraux aux États, de certifier les équipements de vote et de publier des guides de bonnes pratiques. Jusqu'à son éviction, l'instance comptait deux commissaires démocrates et deux républicains, dont Thomas Hicks, Benjamin Hovland et Christy McCormick.
Le chef de l'État s'en est pris à plusieurs reprises à cette commission, qu'il accusait sans fondement de faire partie d'un complot de l'État profond visant à truquer les élections. Les nouveaux limogeages interviennent après le départ de deux autres commissaires plus tôt dans l'année. L'opposition démocrate et des organisations de défense du droit de vote ont vivement condamné cette mesure, y voyant une tentative de saper la confiance dans le processus électoral et de semer le chaos à l'approche du scrutin de novembre.
« C'est une tentative éhontée de saboter notre démocratie », a déclaré une élue démocrate, selon des propos rapportés. Des observateurs redoutent que l'absence de commissaires n'empêche l'EAC de remplir ses missions essentielles, notamment la certification des machines à voter et la répartition des subventions, ce qui pourrait entraîner des retards et des litiges dans plusieurs États. La Maison-Blanche n'a pas fourni de justification officielle pour ces renvois, et aucun nouveau commissaire n'a été nommé pour l'instant.
La décision présidentielle relance les inquiétudes sur l'intégrité des élections américaines, déjà mises à rude épreuve lors des précédents scrutins. Les États conservent la responsabilité première de l'organisation des votes, mais l'EAC joue un rôle de coordination et de normalisation. Sans elle, les experts craignent une multiplication des divergences entre États et une vulnérabilité accrue face aux cyberattaques. Les républicains, de leur côté, n'ont pas réagi officiellement, mais certains élus avaient déjà critiqué l'agence par le passé, estimant qu'elle empiétait sur les prérogatives des États.
Alors que la campagne pour les élections de mi-mandat bat son plein, cette décision pourrait devenir un enjeu politique majeur. Les démocrates comptent l'utiliser pour mobiliser leur électorat, tandis que les partisans du président y voient une étape supplémentaire dans le démantèlement de ce qu'ils considèrent comme une bureaucratie inutile. Le vide à la tête de l'EAC ne pourra être comblé qu'avec l'approbation du Sénat, où la majorité républicaine pourrait bloquer toute nomination. Dans l'intervalle, l'agence fonctionne sans direction, ce qui complique la préparation des élections à venir.