Près d’un million de jeunes Britanniques sont déjà sans emploi, ni scolarité, ni formation, et la situation pourrait encore se dégrader. Selon un rapport officiel remis le 28 mai 2026, si aucune mesure n’est prise d’ici cinq ans, un jeune sur six se trouvera en situation de « NEET » (Not in Education, Employment, or Training). L’ancien ministre Alan Milburn, qui a piloté ces travaux très attendus, a estimé que les débouchés professionnels pour la jeunesse « ne progressent pas, ils rétrécissent ». Il met en garde contre le risque de voir émerger une « génération perdue ».

Un diagnostic sans appel

Le rapport conclut que les dispositifs publics – éducation, santé, aides sociales – ne sont plus « adaptés à leur objet » pour accompagner les jeunes vers la vie adulte. Alan Milburn a évoqué une conjonction de difficultés particulièrement défavorables, une « tempête parfaite », qui fragilise toute une classe d’âge. Les auteurs du document soulignent que l’aggravation de la pauvreté infantile, la crise du logement, la détérioration de la santé mentale des jeunes et les transformations du marché du travail se combinent pour créer un effet de ciseaux inédit.

Un précédent historique

Cette alerte rappelle la situation qu’avait connue le Royaume-Uni au début des années 1980, lorsque le chômage de masse avait frappé des centaines de milliers de jeunes, suscitant à l’époque le même terme de « génération perdue ». Le précédent rapport Milburn, publié il y a une dizaine d’années, avait déjà souligné une mobilité sociale en berne. Les nouvelles données indiquent que les écarts entre régions et entre catégories sociales se creusent encore, avec des taux de NEET atteignant des pics dans les anciens bassins industriels du nord de l’Angleterre et dans certaines banlieues défavorisées de Londres.

Réactions politiques

Le gouvernement travailliste en place depuis 2024 a fait de l’emploi des jeunes une priorité affichée, avec un plan « Jeunesse et avenir » lancé l’an dernier. L’opposition conservatrice a réagi en rappelant que le chômage des jeunes avait baissé sous son mandat, mais sans contester le diagnostic général du rapport. De son côté, Alan Milburn, qui fut ministre sous Tony Blair, estime que les solutions doivent être « radicales » et transversales, impliquant à la fois le ministère du Travail, celui de l’Éducation et celui de la Santé.

Un appel à une réforme systémique

Parmi les pistes évoquées, le rapport préconise de renforcer les programmes de formation en alternance, d’améliorer l’orientation scolaire et de mieux coordonner les services sociaux pour les jeunes en difficulté. Il recommande également de s’attaquer aux causes structurelles : précarité du logement, accès aux soins de santé mentale et soutien aux familles à faibles revenus. Les experts qui ont contribué aux travaux soulignent qu’aucune solution isolée ne suffira : c’est tout l’écosystème de préparation à la vie adulte qui doit être repensé.