La canicule qui frappe une grande partie de la France provoque une augmentation spectaculaire de l'activité des services d'urgence. Les Samu enregistrent jusqu'à 50 % d'appels supplémentaires dans les départements placés en vigilance rouge, mettant les équipes médicales sous une pression inédite.
Dans la région parisienne, les hôpitaux sont saturés. Les services d'urgences rapportent un afflux massif de patients souffrant de déshydratation sévère, de coups de chaleur et d'arrêts cardiaques. Selon les premières données recueillies, le nombre d'arrêts cardiaques a doublé dans certains établissements par rapport à une période estivale normale.
Les directeurs d'hôpitaux alertent sur une situation « critique ». Les capacités d'accueil sont dépassées, obligeant les équipes à réorienter les patients vers d'autres structures, parfois situées à plusieurs dizaines de kilomètres. Les personnels soignants, déjà éprouvés par les crises sanitaires précédentes, sont épuisés et réclament des renforts immédiats.
Des mesures d'urgence insuffisantes ?
Le gouvernement a activé la cellule interministérielle de crise, mais les annonces peinent à rassurer. Le ministre de la Santé a promis le déploiement de lits supplémentaires et le recours à des renforts issus de la réserve sanitaire. Mais sur le terrain, ces mesures tardent à se matérialiser.
L'Agence régionale de santé d'Île-de-France a demandé aux hôpitaux de déclencher le plan blanc, qui permet de mobiliser des moyens exceptionnels. Plusieurs établissements franciliens ont déjà activé ce dispositif, entraînant l'annulation de consultations et d'interventions chirurgicales non urgentes.
Les Samu, eux, peinent à répondre à la demande. Les régulateurs doivent prioriser les appels les plus graves, au risque de laisser sans réponse des situations intermédiaires. « Nous sommes en état de guerre », confie un médecin régulateur d'un Samu francilien, joint par téléphone.
Des conséquences sanitaires déjà lourdes
Le bilan humain s'alourdit d'heure en heure. Les services de médecine légale font état d'une augmentation des décès liés à la chaleur, en particulier chez les personnes âgées isolées. Les associations de secouristes recommandent de vérifier régulièrement l'état de santé de ses proches âgés et de ne pas sous-estimer les symptômes de la déshydratation.
Les autorités sanitaires rappellent les gestes essentiels : boire régulièrement sans attendre d'avoir soif, se rafraîchir le corps, éviter les sorties aux heures les plus chaudes et maintenir les logements au frais en fermant volets et fenêtres en journée.
Vers un pic de chaleur ce week-end
Les prévisions météorologiques annoncent des températures encore plus élevées pour les prochains jours. Le pic de la canicule est attendu samedi, avec des maximales pouvant atteindre 40 °C dans le Sud-Ouest et dépasser 38 °C en région parisienne. Les services d'urgence redoutent une nouvelle vague de sollicitations.
Les syndicats de médecins urgentistes plaident pour une généralisation du plan blanc dans toutes les régions concernées, ainsi que pour le recrutement d'urgence de personnels contractuels. Ils estiment que les moyens actuels sont « totalement inadaptés » à l'ampleur de la crise.
En attendant, les équipes soignantes tiennent bon, souvent au-delà de leurs forces. « On ne lâchera pas, mais on ne pourra pas tenir éternellement », résume un infirmier urgentiste dans un hôpital parisien.