Un incident survenu à l’aéroport d’Ajaccio a provoqué l’indignation d’une passagère de la compagnie Lufthansa. Alors qu'elle s’apprêtait à embarquer pour un vol à destination de Francfort, des employés au sol ont exigé qu’elle se couvre davantage, jugeant sa tenue — un short et une brassière — inappropriée. « Vous n’avez rien sur vous, vous êtes nue », lui aurait-on lancé, selon son témoignage.

La voyageuse, qui voyageait en short, une brassière et une paire de baskets, a refusé de se changer, estimant que sa tenue était parfaitement adaptée à la forte chaleur estivale. Face à son refus, le personnel de la compagnie allemande lui a interdit de monter à bord de l’appareil, ce qui a contraint la passagère à renoncer à son vol.

Un différend autour d’un code vestimentaire non écrit

Lufthansa, comme la plupart des transporteurs aériens, dispose d’une clause dans ses conditions générales de transport autorisant le refus d’embarquement en cas de tenue jugée « inconvenante ». Toutefois, cette clause reste rarement appliquée et son interprétation est régulièrement source de controverses. En l’espèce, la compagnie a confirmé que ses agents avaient demandé à la passagère de se couvrir, mais a précisé qu’une tenue de plage ou de sport n’était pas nécessairement exclue.

La passagère concernée a fait part de son incompréhension et de sa colère sur les réseaux sociaux, où son message a rapidement été relayé. « Ils m’ont dit que je n’avais rien sur moi, que j’étais nue », a-t-elle relaté, dénonçant une humiliation publique.

Un précédent chez le même transporteur

Ce n’est pas la première fois que Lufthansa se trouve au cœur d’une polémique vestimentaire. En 2021, un incident similaire avait éclaté lorsqu’un employé avait refusé l’embarquement à une passagère voyageant en short, déclenchant un tollé sur Internet. À l’époque, la compagnie s’était excusée et avait révisé sa politique en la matière, réaffirmant que seuls des vêtements « offensants ou obscènes » pouvaient justifier une interdiction de vol.

L’affaire repose la question des critères subjectifs qui président à l’évaluation de la tenue des passagers. La réglementation aérienne prévoit que le commandant de bord peut refuser l’accès à quiconque présente un risque pour la sécurité ou trouble l’ordre public, mais l’appréciation de ce qui est « indécent » varie selon les cultures, les pays et les compagnies.

Des réactions contrastées

Sur les plateformes numériques, les réactions se sont multipliées. De nombreux internautes ont exprimé leur soutien à la passagère, critiquant ce qu’ils perçoivent comme une discrimination fondée sur le genre et l’apparence physique. D’autres ont estimé que certaines tenues relevaient effectivement du domaine privé et ne convenaient pas à l’espace public d’un avion.

La compagnie Lufthansa n’a pas, pour l’heure, annoncé de nouvelles mesures à la suite de ce nouvel incident. Elle s’est contentée de rappeler que la décision d’accepter ou non un voyageur à bord relevait de l’appréciation de son personnel au sol, dans le cadre des règles générales de transport.

Vers une harmonisation des pratiques ?

L’épisode relance un débat récurrent dans le secteur aérien : celui de savoir qui, du transporteur ou du passager, fixe la limite du convenable. Alors que certaines compagnies comme Air France ou easyJet ont adopté des chartes vestimentaires très larges, laissant une grande liberté aux voyageurs, d’autres, comme Lufthansa, conservent des marges d’interprétation qui peuvent, comme dans ce cas, mener à des situations conflictuelles.