Les autorités des États-Unis ont décidé d’inscrire deux organisations criminelles brésiliennes sur leur liste des « organisations terroristes étrangères ». Il s’agit du Comando Vermelho (CV) et du Primeiro Comando da Capital (PCC), deux groupes qui opèrent bien au-delà des frontières du Brésil.
Cette mesure a été officialisée par le département d’État à Washington. Elle signifie que toute personne ou entité apportant un soutien matériel à ces groupes s’expose à des poursuites pénales aux États-Unis, et que leurs avoirs financiers sous juridiction américaine peuvent être gelés.
Deux groupes aux ramifications internationales
Le Comando Vermelho, né dans les prisons de Rio de Janeiro dans les années 1970, est l’une des plus anciennes organisations criminelles du Brésil. Il contrôle une part significative du trafic de stupéfiants et d’armes, et étend ses activités à plusieurs pays d’Amérique du Sud et d’Europe.
Le Primeiro Comando da Capital, fondé dans les prisons de São Paulo en 1993, est aujourd’hui considéré comme le plus grand groupe criminel du Brésil en nombre d’affiliés. Il est actif dans le trafic international de cocaïne, notamment via les ports de Santos et du Paraguay, et dispose de réseaux en Bolivie, au Pérou et en Colombie.
Des conséquences juridiques immédiates
En les désignant comme organisations terroristes, Washington impose des sanctions qui rendent illégal tout financement, transaction ou assistance à ces groupes. Les banques et institutions financières américaines doivent geler les avoirs éventuels et signaler toute transaction suspecte.
Cette classification permet également aux autorités judiciaires américaines de poursuivre les membres ou complices de ces organisations pour « soutien matériel au terrorisme », une infraction passible de lourdes peines de prison.
Un précédent et des questions diplomatiques
Les États-Unis avaient déjà utilisé cette procédure contre des cartels mexicains et des groupes paramilitaires colombiens, mais c’est la première fois que des organisations criminelles brésiliennes sont visées de la sorte. Cette décision intervient alors que la coopération antimafia entre Brasília et Washington s’est renforcée ces dernières années.
Du côté brésilien, aucune réaction officielle n’a encore été communiquée. Les autorités locales devront désormais coordonner leurs actions avec les services américains pour appliquer ces nouvelles restrictions, notamment en matière de gel d’avoirs et de partage de renseignements.