Le cauchemar des voyageurs qui confient leur valise à la soute d’un avion est loin d’être anecdotique. En 2024, 33,4 millions de bagages ont été perdus dans les aéroports du monde entier, d’après le bilan dressé par l’Association du transport aérien international (Iata) et le fournisseur de technologies aéronautiques Sita. Sur ce total, seuls 61 % des bagages ont été restitués à leurs propriétaires, les autres ayant été soit retardés, soit envoyés vers une mauvaise destination.
Des systèmes jugés obsolètes
Monika Mejstrikova, directrice de la manutention au sein de l’Iata, a pointé du doigt le caractère archaïque des méthodes de gestion utilisées. « Aujourd’hui, l’échange de messages sur les bagages reste fragmenté et repose souvent sur des systèmes surannés qui limitent la visibilité tout au long du voyage », a-t-elle déclaré lors d’une conférence récente. Selon elle, le processus s’appuie « toujours sur des systèmes hors ligne, des entrées faites à la main et des informations à retardement ». L’organisation appelle à une modernisation des équipements dans les aéroports et les compagnies afin de réduire le nombre d’incidents.
Un coût faramineux pour le secteur
Au-delà du stress imposé aux passagers, ces dysfonctionnements engendrent des pertes financières considérables. Le montant total des coûts liés aux bagages perdus est estimé à environ 5 milliards de dollars en 2024, incluant les frais de rapatriement par coursier, le service client, les réclamations et la perte de productivité pour les transporteurs.
Des aéroports particulièrement concernés
Certains grands hubs aériens figurent parmi les plus touchés par les pertes de bagages. Les voyageurs transitant par Londres Heathrow, Paris Charles-de-Gaulle ou encore Dubaï sont statistiquement plus exposés à ce risque.
L’Iata et Sita espèrent que la mise en place de technologies plus récentes et d’une meilleure coordination entre les acteurs permettra de réduire ces chiffres dans les années à venir.