La cinéaste Agnès Jaoui a estimé qu’elle n’était «pas choquée» de voir Patrick Bruel se produire sur scène, prenant ainsi le contrepied des appels au boycott qui visent le chanteur. L’artiste est visé par des accusations d’agressions sexuelles, mais aucune condamnation n’a été prononcée à ce stade.

Agnès Jaoui, dont le nouveau film «L’Objet du délit» est actuellement en salles, a livré cette réflexion dans un entretien. «Ça ne me choque pas que Patrick Bruel soit sur scène», a-t-elle déclaré, tout en précisant qu’elle ne souhaitait pas minimiser la gravité des faits reprochés.

La réalisatrice a expliqué sa position en se référant à la présomption d’innocence et à la nécessité de ne pas confondre justice et opinion publique. «Je ne suis pas procureur, je ne suis pas juge. Je ne sais pas ce qui s’est passé», a-t-elle ajouté, tout en soulignant l’importance de la parole des victimes.

Un film qui interroge l’ère post-MeToo

«L’Objet du délit» est une comédie qui aborde justement les bouleversements provoqués par le mouvement #MeToo dans la société française. Le film met en scène des personnages confrontés à des accusations et à la manière dont elles sont traitées médiatiquement et judiciairement.

Agnès Jaoui a indiqué qu’elle comprenait les réactions d’indignation, mais qu’elle se méfiait des «procès en sorcellerie» et des jugements précipités. «Il faut du temps pour que la justice fasse son travail. Et ce temps-là est parfois long, mais il est nécessaire», a-t-elle estimé.

Le cas Patrick Bruel

Patrick Bruel, figure majeure de la chanson française, fait l’objet de plusieurs signalements pour des faits d’agressions sexuelles allégués. Il a toujours nié ces accusations. Aucune procédure judiciaire n’a abouti à une condamnation à ce jour, et le chanteur continue de se produire en concert.

La position d’Agnès Jaoui a suscité des réactions contrastées, certains saluant sa défense de la présomption d’innocence, d’autres estimant qu’elle banalise des comportements graves. «Je n’ai pas de leçon à donner. Je dis juste que la condamnation publique sans procès me dérange», a-t-elle conclu.