Nouveau recours devant la Cour suprême
Les dirigeants républicains de l'État de l'Alabama ont officiellement demandé, mercredi 27 mai 2026, à la Cour suprême des États-Unis d'approuver une carte des circonscriptions pour les élections de mi-mandat de novembre. Cette carte avait été jugée discriminatoire envers les électeurs noirs et invalidée en 2023. Les républicains réclament une décision d'ici lundi 1er juin pour que la carte soit utilisée lors des primaires qui doivent être reprogrammées.
Une décision antérieure contournée
En 2023, la Cour suprême avait refusé de casser une décision d'un tribunal inférieur, qui estimait que la carte violait les dispositions de la loi sur le droit de vote (Voting Rights Act) de 1965 interdisant la discrimination raciale dans le tracé des circonscriptions. Un panel de trois juges avait alors conclu que les républicains de l'Alabama avaient délibérément affaibli le poids politique des électeurs noirs, majoritairement démocrates. Le tribunal avait exigé la création de deux circonscriptions à majorité noire, l'une incluant Birmingham et l'autre la capitale Montgomery.
Mais en avril 2026, la Cour suprême a rendu un arrêt dans l'affaire Louisiana c. Callais, affaiblissant la portée de la loi sur le droit de vote en matière de redécoupage électoral. Les républicains de l'Alabama invoquent désormais ce précédent pour affirmer que la décision de 2023 n'est plus valide. Ils demandent le rétablissement de la carte initiale, qui concentre la plupart des électeurs noirs dans une seule circonscription.
L'urgence invoquée par les républicains
Dans leur requête déposée mercredi, les responsables républicains de l'État soutiennent qu'une action urgente est nécessaire pour éviter un « préjudice irréparable » à leur projet de redécoupage. « Pire encore, les électeurs seront contraints de voter selon une carte racialement gerrymandérée dessinée par un tribunal, qui ne répond pas aux objectifs légitimes de l'Alabama en matière de découpage », écrivent-ils.
Une tentative contrariée par un tribunal inférieur
Leur démarche a toutefois rencontré un obstacle mardi 26 mai, lorsqu'un tribunal inférieur a de nouveau rejeté la carte contestée. Les plaignants, soutenus par l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), ont salué cette décision. « Le tribunal a vu clair dans la tentative flagrante de l'Alabama de rétablir une carte électorale fondée sur la race, délibérément conçue par la législature pour refuser aux électeurs noirs une voix au Congrès », ont-ils déclaré dans un communiqué.
Conséquences électorales immédiates
Si la Cour suprême accédait à la demande des républicains, la gouverneure Kay Ivey a déjà annoncé que de nouvelles primaires seraient organisées dans quatre des sept circonscriptions de l'État. Les électeurs des premier, deuxième, sixième et septième districts devraient voter à nouveau le 11 août prochain. Les primaires initiales avaient eu lieu le 19 mai. Les vainqueurs de ces primaires participeraient ensuite aux élections de mi-mandat de novembre.
Enjeu national pour le contrôle du Congrès
Cette bataille autour de la carte de l'Alabama s'inscrit dans une lutte très serrée pour le contrôle de la Chambre des représentants lors des élections de novembre. Les républicains y détiennent actuellement une majorité très étroite, avec 217 sièges sur 435. Le résultat de quelques circonscriptions seulement pourrait faire basculer la majorité d'un côté ou de l'autre.
Le rôle de l'administration Trump
L'année dernière, le président républicain Donald Trump avait lancé une offensive pour donner un avantage à son parti dans le redécoupage électoral. En juin 2025, des informations avaient fait état de contacts entre la Maison-Blanche et des élus du Texas pour les encourager à adopter de nouvelles cartes favorables aux républicains. Le cas de l'Alabama pourrait faire jurisprudence pour d'autres États conservateurs cherchant à réduire l'influence des électeurs démocrates.
L'avenir de la loi sur le droit de vote
La décision de la Cour suprême dans l'affaire Louisiana c. Callais a déjà eu des répercussions : la Virginie et la Louisiane ont également engagé des procédures pour modifier leurs cartes électorales. Les juges devront trancher entre le respect du précédent de 2023 et la nouvelle interprétation plus restrictive de la loi sur le droit de vote. Leur réponse, attendue dans les jours qui viennent, pourrait déterminer la configuration des circonscriptions pour les élections de mi-mandat et au-delà.